La création et le résultat

9 mars 2011

Dans la suite logique de mon spectacle Martin Petit et le micro de feu, où j’aborde un paquet de tabous, je déborde sur ce blogue (que je délaisse comme une vieille minoune dans un champ) des tabous qui me viennent en tête au gré de la vie qui continue de tourner malgré ma tournée.

Tabou # 76  Votre créativité

Le discours sur la créativité est passé de suspecte (les artistes sont des fous) à sur-valorisé (tout le monde a un Picasso intérieur).  La vérité, elle, est comme toujours, en petite boule et pleure dans un coin.

Il y a de très fortes chances que vous mêmes, lecteurs de ce blogue ne soyez pas très créatifs.  Parce que TRÈS créatif c’est être créatif au même titre qu’un sprinter olympique cour vite.

Entre avoir des bonnes idées, avoir des bons flashs de temps en temps, et être très créatif, il y a un océan. Mais on vit dans une période loufoque où le créatif fascine plus que jamais dans l’Histoire.

Dans Mad Men le héros est un créatif d’agence et tout le monde de penser que lui aussi pourrait l’être, tellement pas !

Cela dit, pleurez pas, ça sert à rien d’être un hyper créatif.  Michel Louvain a fait une carrière formidable avec une toune et ben des sourires.  Des paroliers rendus riches pour un hit il y en a des milliers. Des scénaristes qui font carrière avec un bon flash, il y en a à la tonne.

Le gars qui inventé Facebook, il a même piqué son idée et il est Multi-billionnaire Man of the year!

Je reçois assez régulièrement des soumissions de projets extravagants de toutes sortes avec la mention, mon idée est géniale c’est sûr que ça va marcher ! Ben c’est ben de valeur mais c’est de la bouette poche dans 99% des cas! Pi quand tu me vends tes restants de trip de pot comme si c’était de l’or ben ça vient me titiller mon serial killer intérieur.

Tsé quand ta mère te disait il est beau ton barbo c’était arbitraire à ta condition d’enfant dont le cerveau est en construction neurologique.  Tu n’es pas un génie créatif, tu es un rêveur qui est probablement en train de scrapper sa vraie job de jour en s’imaginant être le prochain Xavier Dolan.

Ceci dit j’oserai, en ces temps de révolution mondiale de la créativité, passer pour prétentieux pour les quelques insécures de l’idéation, en osant briser ce tabou et de dire que oui, moi par contre je suis très créatif.  Ben oui. Imagine un gars qui a tout le temps des idées pi donnes-y du café, c’est moi.  Pi ça fait quoi? Ça fait que si tu m’engages pour trouver des idées tu vas en avoir plus que tu en demandais, c’est tout.  Rien de plus.  Mon cerveau fonctionne malgré moi comme ça.  Et ce n’est pas un super pouvoir.  J’accumule les dysfonctions les plus simples de la vie de tous les jours comme se rappeler de payer son permis de conduire où se faire couper les cheveux (ma braguette de pantalon est baissée 90% du temps).

Et si toutes mes idées valaient de l’or je serais multi-billionnaire, et je suis loiiiiiin du compte.  Alors quoi.  Le secret c’est quoi.  Le secret c’est la bonne idée certes, mais faut du monde de talent pour la réaliser.  Les pyramides c’est une idée originale qui serait orpheline sans des milliers de travailleurs, l’idée, est à la fin du processus, qu’un élément du processus.

Moi je tiens en haute estime ceux qui réalisent des idées.  Ceux qui font de belles choses avec des idées tout simples, ceux qui font.

Un beaucoup plus créatif que moi, Eddie Izzard a dit ceci sur Léonard De Vinci (monsieur création tout azimut): « Léonard De Vinci célèbre sculpteur, inventeur et peintre de la Mona Lisa, qui a aussi dessiné les plans d’un hélicoptère! Qui ne marchait pas.  Et moi aussi, moi aussi j’ai dessiné un hélicoptère, qui allait sous l’eau, lui! Ne marchait pas du tout non plus ». Voilà. Bravo pour la Mona-Lisa mais un gros zéro pour l’hélico papi.

Conclusion, les idées se révèlent dans leur accomplissement.  Sinon c’est comme trouver des noms originaux pour des enfants qui n’existent pas.  Parce qu’un William qui existe, (aussi peu original le nom William soit-il), c’est le fun à regarder grandir, mais une Stella-Galaxianne qui n’existe pas, ça fait pas des ben beaux barbos (même si ça fait rire après un poffe de pot).

Et à tout ceux qui diminuent le travail des créateurs en disant « je suis capable moi si de sortir des idées », ben sors-en, fais-les, pi d’ici là, farme ta yeule de…de…de…pouetteux de tataouins de nouilles !!! (j’ai pas de meilleures idées d’insultes)!!!

C’est plus fort que moi

21 février 2011

Vraiment je m’excuse d’avance à tous les italo-québécois qui travaillent en construction, je m’excuse d’avance de penser que vous tremper de près ou de loin dans des magouilles de traficage d’appels d’offres ou pire.

Je suis désolé mais l’accumulation des dernières années me porte à croire qu’il y a un système organisé, pour nous organiser, nous les imbéciles qui payent des taxes. Alors je m’excuse mais malgré tout ma bonne volonté mon cerveau à créer un préjugé.

Un peu comme quand je vois un barbu mal peigné avec des lunettes en imperméable qui passe ses journées près des parcs d’enfants, mon radar à pédophile s’allume tout seul, c’est plus fort que moi.

Hey Jude

16 février 2011

Je n’ai pas vécu de grande passion culturelle avec mon père, pas de trip à écouter le hockey ou l’opéra.  Mon père est un généraliste qui n’avait pas de passions très pointues.  Intéressé par tout mais fan de rien.

Je viens d’écouter le reportage sur le spectacle LOVE du cirque du Soleil et ma première réaction fut de me dire à quel point j’aimerais faire découvrir les Beatles à mes gars, car ces chansons ont marqué ma vie fondamentalement.

Je rêve d’être témoin de leur réaction lorsqu’ils vont « comprendre » While my guitar gently weeps, décrypter A Day in a life, Hey Jude, et tout le catalogue dans l’ordre et le désordre de leur Ipod.

Ça ne sera pas comme moi évidemment, avec les cassettes des albums rouge et bleue, à ne pas savoir qui chante quelle chanson, faute d’image. Ce ne pourra pas être aussi intense non plus, ce serait difficile, j’ai dû écouter certaines chansons plus souvent que certains Beatles eux-mêmes.  Mais je souhaite que le charme opère pour eux aussi.

J’entretiens évidemment d’autres passions musicales alors si ce n’est pas les Beatles ce sera autre chose.  Mais je me le souhaite.  Quand on existe pour quelqu’un à travers une chanson, on dirait qu’on ne peut jamais complètement mourir.

Le puissance de la musique sur la mémoire ne cessera jamais de m’étonner.

Vive Arcade Fire libre !

14 février 2011

Quand j’ai vu Arcade Fire remercier Montréal et le Québec pour les avoir accueillit devant le public des Grammy’s, cela m’a rappelé mon problème avec l’appellation Montréal controlé.

Quand un anglophone connait du succès dans le monde entier c’est un montréalais, quand c’est une fille de Charlemagne qui devient une star mondiale c’est une tite-fille d’icitte.

Simple Plan est un groupe d’ici, mais Arcade Fire est un band du mile-end.  Pourtant Arcade Fire compte plus de chansons où les paroles sont en français que Simple Plan.

Conclusion : la vision que nous avons de la réalité québécoise est de plus en plus déconnectée de la vérité.  Si les membres d’Arcade Fire trouvent important de souligner leur appartenance au Québec au lieu de leur compagnie de disques et Dieu, mais qu’ici ils demeurent des montréalais, il y a une fracture apparente.

Va falloir intégrer rapidement la notion de bilinguisme québécois.  Cette réalité que des gars comme Mike Ward, Sugar Sammy, font rire dans les 2 langues.  Que des animatrices comme Anne-Marie Wittenshaw et Rebecca Makonnen excellent dans les 2 langues sans perdre leur identité.

Parce que Régine Chassagne n’est pas une extra-terrestre mais une fille de la Rive-Sud qui a fondé un groupe qui vient de gagner le Grammy du meilleur album, c’est un succès québécois en ce qui me concerne.

En fait puisque que je me consacre aux tabous, le bilinguisme made in quebec en serait pas un?

Parce que ça prend de l’argent aussi

9 février 2011

Dans le milieu culturel, le web, et son utilisation pour faire de la promotion est un incontournable.  Si le web remplace bien l’affichage sauvage (surtout en hiver), pour rejoindre le public de Sept-îles à Sherbrooke il faut y aller avec des médias traditionnels.

La promotion d’un spectacle d’humour est très dispendieuse.  Mon dernier périple de 10 jours en Abitibi a dû servir uniquement à payer le placement télé de l’automne dernier.  C’est donc une très grosse partie d’un budget culturel peu importe le projet.

C’est pour vous dire que quand vous relayez un article concernant un spectacle, un disque, un film, un livre, et surtout quand vous relayez votre opinion (on espère positive) sur vos profils, vous contribuez de façon importante à soulager la dépendance aux bigs médias.

La promotion étant la première dépense c’est aussi la première a exiger remboursement. L’artiste, est celui que l’on paye en dernier, welcome in showbizznes.

C’est peut-être pour ça que j’aime bien la pub de Volkswagen avec le petit Darth Vader qu’on me réfère un peu partout, mais je ne peux m’empêcher de penser que leur vrai place est à la télé.  Mais ainsi va le web, ça prend aussi des chars sur l’autoroute de l’information…

50 000 fois merci

3 février 2011

Chers lecteurs, vous avez beaucoup participé à la création de ce show alors bravo à vous ! Je reçois aujourd’hui une plaque pour 50 000 billets vendus, ce qui veut dire 50 000 clients servis (et je l’espère 50 000 clients ravis), et une année 2011 remplie de supplémentaires. Suis-je heureux? Je suis comblé!

Tiens c’est presque un tabou dans le monde artistique, de dire simplement : ostie que je suis fier.

*vous voulez gagner une paire de billets ???? allez ici je viens de partir un concours très spontané !

Écoute peu mais écoute bien

1 février 2011

Faute de temps mais pas faute de goût. Burp et épicure, le blog-must pour les grands consommateurs de culture tout azimut, m’a rassuré, j’ai passé dans le beurre pour 9 des meilleurs albums de leur top 10 de l’an dernier, mais pas pour le premier.  Je me console avec la crème alors.

Walk like an egyptian

1 février 2011

Je trouve que c’est fascinant ce qui se passe en Égypte.  Fascinant par l’apparente, je dis bien « l’apparente » simplicité de l’événement.  Le peuple descend dans la rue, et le régime se renverse, prenant les USA et l’Europe par surprise.  Pourtant, l’an dernier, c’était la même gang, le même régime…

Depuis que ce jeune vendeur Tunisien s’est immolé, déclenchant un formidable mouvement populaire qui menace de bouleverser profondément le monde Arabe, on dirait qu’il y a un vent que je reconnais.  Ça sent 1989.  Cet air surpris des grandes puissances, qui font : ha bon? c’est pour vrai? ça y est? ha ben coudonc!

L’eau est chaude à 90 Celcius, l’eau est chaude à 95C, mais c’est à 100C qu’elle bout.

J’ai hâte que ça bout par ici, mais à -15 ça part mal…et c’est jamais simple

2 livres à prendre

28 janvier 2011

Une semaine sans enfants pour la première fois depuis 18 mois ! (Si je me retenais pas je mettrais 800 points d’exclamations pour bien partager mon bonheur d’avoir un break parental). Quel bonheur que d’être auprès de sa blonde…et de pouvoir ouvrir un livre en sachant que seuls, la fatigue et la faim peuvent ralentir notre élan.

Alors j’ai dévoré Je compte les morts de Geneviève « scary » Lefebvre, une captivante galerie de personnages, inquiétés et souvent inquiétants, un récit dur qui tranche tellement avec la binette de Bambi de l’auteur. C’est toujours fascinant de lire des filles (j’allais écrire petites, mais je mesure 6′4″, donc vous êtes TOUTES petites), de lire des filles donc, qui décrivent avec précisions les états d’âmes d’hommes pervers, ça me chamboule toujours, et m’effraie un peu. Bref même si ça saigne dans ce polar, ça étouffe beaucoup aussi, il y a des éclats de rire partout évidemment car on suit un scénariste alors on reconnait pas mal de gens du milieu (disons cela autrement, puisque ça parle beaucoup de cinéma, il y a de place pour faire de la projection).

On en veut d’autres ! Des vacances et des Geneviève la terreur!

Énergisé par la lecture de « Je compte les morts », j’ai poussé ma luck et attaqué le dernier de Michel Houellebecq, La carte et le territoire (tellement pas habitué d’avoir du temps pour lire je tremblais presque).  Après avoir suivit un humoriste (qui n’en n’était pas vraiment un dans La possibilité d’une île), on suit un artiste en arts visuels, et on y rencontre Michel Houellebecq et Fréderick Beigbeder.

Ici aussi il y a beaucoup d’humour mais cette fois c’est dans la structure alors que Houellebecq l’auteur fait assassiner Houellebecq le personnage dans des circonstances atroces, ce qui, on a cette impression, sert la double fonction de dépasser d’une part les fantasmes inavouables de ses détracteurs (nombreux en France) et apporter une originalité appréciable au procédé de l’auto-fiction qui nous emmerde tant (parce que partout depuis trop longtemps).

Bizarrement je ne recommande jamais Houellebecq aux filles, mais je le reconnais, les filles surtout les Geneviève, sont capables de danser dans les noirceurs de l’âme humaine elles aussi.

Ricky Gervais

18 janvier 2011

Maudit que j’aime Ricky Gervais mais maudit que je comprends pourquoi il vient de perdre la gig d’animation des Golden Globes. Gig qu’il ne voulait pas tant que ça je suis certain.  La ligne est toujours fine entre humour irrévérencieux et humour grossier.  Une ligne sur laquelle l’artiste aime danser, et où il réussit plus souvent qu’autrement.

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