Courage les amis courage

31 août 2011

Pour donner suite à l’article précédent sur le combat entre une vision de la culture qui élève versus une culture qui rabaisse, il y a la notion de courage qui mérite d’être définie.

Premièrement, le courage n’est pas une vertu. Si la bravoure n’est pas mis au service d’une cause qui est juste, ce n’est pas du courage.
C’est la distinction la plus importante.

Quand tout est pareil, quand on ne voit plus la différence entre l’artiste et la vedette, de l’info ou du divertissement, du jeu et de l’art, la personnalité de l’animateur, l’intervieweur ou le journaliste, et surtout entre un participant de télé-réalité et un créateur, on gomme toutes formes de distinctions culturelles. La récente expression « fournisseur de contenu » est le bon exemple du nouveau chapeau sous lequel on a placé tout le monde du milieu culturel. En étant tous des fournisseurs de contenus, les artistes et les pitounes ignorantes sont dans le même camion en direction de l’abattoir à cotes d’écoute.

Et je répète que si on en est là, à devoir redéfinir ce qui est la base du travail artistique, c’est à dire de nous aider à comprendre la vie à travers un art, au lieu de s’en servir pour entretenir un flou boueux qui sert à encore vendre de la bouette, c’est notre faute, nous les artistes avant tout. C’est notre rôle de mettre du sens aux choses quand on constate que le sens commun dérape. Un rôle qui commande du courage.

Confucius disait à ce sujet : « Comprendre ce qui est juste et ne pas le faire, démontre l’absence de courage ».

Ça peut être très délicat de naviguer avec nos opinions dans le petit milieu de la culture québécoise et de garder le cap sur ce qu’on considère comme étant juste ou non. Mais le courage ce n’est pas de choisir la facilité…

Bonne rentrée culturelle à tous ;-) )

et je souligne Richard Therrien qui abonde dans le même sens ici

et David Desjardins très sympathique cycliste qui gère les érotomanes du Voir Québec à lire

La guerre invisible

20 août 2011

Ok soyons honnête, la période 17-21 ans est parfois difficile à vivre et donne lieu à des poursuites esthétiques épiques.  Hier 2 spécimens de ce qu’on appelle affectueusement des douchebags, sont arrivés, en retard, à mon spectacle.  S’étant trompés d’entrée, ils ont dû passer devant la scène rejoindre leur banc, ce qui m’a « obligé » à m’attarder à leur cas.  Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas cruel mais il y avait matière à rire, 2 gars habillés pareil, jeans, t-shirts blancs avec des dessins argentés illustrant rien, et des casquettes bleues retournées.  Douchebag attitude assumée, les 2 gars avaient l’air de 2 aveugles dans une librairie, des filles pleuraient de rire dans les premières rangées.  Bref ils ne sont pas restés pour la 2ème partie, heureusement car ça parle de religion et de politique…

Autant internet que les centres d’achats de région comme Laval, regorgent de spécimens de jeunes complètement pitounés et breloqués à l’extrême, provoquant chez l’adulte des spasmes cervicaux potentiellement fatals.  Ces enfants-avec-des-voitures ont 20 ans en moyenne et lors d’un stimulant dîner avec l’excellente blogueuse et femme de lettres Catherine Voyer-Léger nous évoquions leur base culturelle, au sens large.

Je m’en prend ici à la dérive de la télé-réalité qui c’est imposée il y a 10 ans comme une forme légitime de divertissement, fracassant des records de cotes d’écoute, et méritant l’attention passionnée des journaux comme le JDM et LaPresse.  Les plus fragiles auditeurs de ces émissions où les effets les plus racoleurs servent de trames de fond à l’exposition des faiblesses intellectuelles sont les enfants.  Or les douchebags, d’aujourd’hui avaient 10 ans quand sont apparus : Lobotomie Story, Pénétration Double and co.  Les voilà nos petits garçons qui ont grandis en regardant « des adultes » , (les plus tatas du troupeau), devenir des vedettes célébrées comme des artistes ou des athlètes, invités aux mêmes émissions culturelles, légitimisés par la puissance de nos médias.

Les voilà les pauvres, des airs de chevreuils perdus, ne comprenant rien de la vie en dehors de leur discothèque locale.

La culture c’est large.  Foglia parle d’une rivière boueuse.  Forcément cette rivière a une direction.  Nous avons ouvert des digues il y a quelques années et la rivière a fait son lit.

Vous avez été choqués peut-être par cette entrevue avec Margie Gillis.  Ce n’était pas une erreur, c’était une maladresse du pitcher, mais la cible reste la même, on attaque l’idée que l’homme peut s’élever à travers l’accès aux arts et à la culture.  Cette idée est maintenant attaquée par des forces qui disent que l’homme peut s’élever à travers l’accès à des courses de char, de la bière et à une esthéticienne.

Il y a beaucoup de confusion sur le sens des mots : culture, art, artiste, éthique, dignité, intégrité, spectacle, divertissement.  Les responsables de cette confusion sont les artistes, les journalistes culturels, tous les intervenants culturels des arts et de l’enseignement qui ont plié devant l’appétit commercial du clinquant et du superficiel.  C’est notre faute.

Il y a comme une guerre froide au sujet de l’avenir de la culture et les douchebags sont peut-être les premiers dommages collatéraux.

Mea culpisme

12 août 2011

Haaa moi qui bloguait régulièrement où suis-je ? que fais-je?

Ben n’ayant pas de boss pour me dire quand être en congé, je me suis mis en mode « absorbe » pendant tout l’été.  Entre mes spectacles du Micro de feu à Gatineau à toutes les fin de semaine et la promotion du film Starbuck, je me suis permis d’écouter le vent quelques secondes. (remarquez que je souligne mes plugs pour aider google à me trouver, clin d’oeil complice à Michelle Blanc)

Mais c’est difficile de rester tranquille comme une bouée avec les vagues de l’actualité délirante.  Prenons le mouvement souverainiste duquel je pensais être un fidèle sympathisant :

Et hop on aime Pauline, mais on se part un nouveau mouvement souverainiste !? Comme ça, de même, on repart une autre patente!? Je ne suis pas contre des prises de position mais dans le contexte actuel j’aurais proposé un « bal en bleu pour souverainistes frustrés » avec musique, bière et blé d’inde », on peut être en crise existentielle et danser pour passer le moton non? Mais on aime Pauline, on a rien contre Pauline…

En tout cas, il y a crise existentielle, c’est un fait.

Pour moi, dont l’opinion importe pas du tout, c’est la conséquence de plusieurs années de discours technocrates de la part des forces souverainistes qui ont refroidis le public, qui s’est habitué et résigné pour ne pas dire tanné.  Il y a matière à mea culpa.

Ce qui fait « déconnecté » chez les péquistes et compagnie, c’est l’absence de lien entre « la cause » et le monde extérieur et les États-unis en particulier.

Je n’ai rien lu de lumineux de la part des péquistes en rapport avec :

la crise des subprimes

les avions de chasse de Harper

les dérives de Wall Street

les émeutes à Londres Paris

le printemps arabe

Bref il y a jamais une opinion qui connecte le « pays Québec fantasmé » et le vraie monde en mouvement.  Ça parle de quoi ? Charest il est pas bon, Charest il est pas gentil, Charest il est menteur…..zzzzzz

Le message a passé, Charest est pas bon, mais le système fédéral c’est rien de mauvais comparé à Charest

Comme on dit à Ottawa : good luck with the rest

La vie d’un film, Starbuck

18 juillet 2011

Starbuck le film, et non le café, sera présenté en première montréalaise le 25 juillet.  J’aurai l’honneur de présenter le film devant amis, famille, médias et gens de l’industrie du cinéma.  4 jours plus tard, le 29 juillet, Starbuck débutera sa vraie vie, dans 90 salles de cinéma.

Aujourd’hui j’ai appris le décès du père de Patrick Huard. Même s’il n’y a jamais de bon temps pour mourir, celui-là, est foutrement mal choisi par le destin.  Car le père de Patrick aimait le cinéma, et Patrick livre avec Starbuck une de ses meilleures performances au grand écran.  C’est un film intense en relation père-fils, nous penserons au papa de Patrick très fort lundi soir…Pour Patrick, Starbuck restera à jamais associé à la disparition de son père, mais aussi, pied de nez à la mort, à la conception de son 2ème enfant qui naîtra prochainement.  Pour Patrick se sera le film qui symbolisera l’été de sa vie où la mort et la vie se sont donné la réplique…

Pour moi Starbuck c’est Émile.  L’idée de ce projet m’est venu grâce à lui, quand je suis devenu papa il y a 4 ans. Puis Achille qui est né pendant l’écriture du scénario.  Ce film est marié à jamais à ce que je possède de plus intime.

Puis il y a cet homme qui est allé voir Ken Scott après une projection spéciale à Ottawa pour lui dire qu’il venait de décider d’avoir un 2ème enfant.  Ce n’est qu’un film après tout, mais déjà, il a une vie, déjà il a son histoire propre.

Je ne vous en voudrai jamais, chers lecteurs, de ne pas aller voir Starbuck, mais je vous souhaite, si vous le faîtes, que tout l’amour et l’humour qui ont intercédé dans sa conception, fassent leur place dans votre vie à vous.

M

Vilain petit cafard

11 juillet 2011

Voici mon nouveau défi pour la prochaine année, me libérer de cette bibitte de tournée, le cafard.

C’est pas les restaurants amateurs et le café infecte (parce que pas fait chez nous avec ma machine et mon café) pas les chambres d’hôtel avec l’air climatisé qui chlingue et me fait rêver à des tempêtes en pleine mer, c’est juste leur absence.  Oui les 2 mêmes.  Toujours eux, les kids.

Va falloir que je me soigne, mais loin de ma famille, le café est moins bon, les nuits sont weirds et les matins sont dry, heureusement que j’aime faire mon show, vraiment, c’est ma consolation de tournée.

Et puis je pense aux joueurs de hockey, leurs salaires fous mais leurs absences continuelles.  Le pire étant les gardiens substituts.  Tu es loin de ta gang et en plus tu joues pas.  Chien.

À la prochaine foua !

24 juin 2011

Et voilà c’est fait, première édition de la St-Jean des Humoristes ! Un gala de plus de 3 heures pour 24$, avec 18 humoristes, probablement le meilleur rapport qualité/prix en ville pour un spectacle d’humour.

Donc, oui, évidemment, l’an prochain on récidive, alors suivez nous sur Facebook, Twitter, ou ici, pour avoir vos billets avant tout le monde !

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C’est aussi mes vacances qui commencent enfin, je serai de retour le 5 juillet pour entamer l’été avec Le Micro de Feu en Outaouais, il y aura aussi un nouveau sketch des Pêcheurs dans le gala de Éric Salvail avec Maxime Martin et Mike Ward, puis la sortie officielle de Starbuck à la fin juillet.  Voilà mon été côté job.

Côté loisir et bien, le canot est acheté.  Je serai visible dans un Rona bientôt en train d’acheter un BBQ, et le chalet sera alors optimisé pour passer du temps en famille.

J’ai donné 100 spectacles depuis 12 mois, ça fait beaucoup de fin de semaine loin des enfants, désolé de moins bloguer mais Papa s’est ennuyé.

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La Saint-jean des Humoristes

26 mai 2011

Nouvelle raison de fêter ou nouvelle façon de fêter?  Avec une bande d’amis nous proposons un nouveau rendez vous comique : La St-Jean des Humoristes !

Notre province complexe et tourmentée ne manque pas de bonnes chansons à entonner en coeur, mais il n’y a pas de tradition ou de réflexe de célébrer notre unicité par l’humour.

N’en déplaise aux intellos de la vieille garde, l’humour ça demeure du texte et plus il y a du texte, plus il y a un risque de paroles qui pourraient déplaire…dans notre belle province, le jour de la St-Jean, faut pas rêver, c’est beaucoup beaucoup de mots à mettre de côté….Mais pas pour nous !!! Alors nous allons en profiter en groupe !

Car la beauté de la St-Jean des Humoristes c’est 0 subvention donc 100% liberté !

Laurent Paquin, Jean-François Mercier, Dominic et Martin, Dominic Paquet, Mario Bélanger, Sylvain Larocque, Benoit Paquette, Nabila Ben Youssef, Martin Perizzolo pour les vétérans.

Geneviève Gagnon, Pierre Hébert, François Bellefeuille, Louis T, le groupe Tu tu lututu ( nouveau projet musico mentale de Marie Christine Lachance, connue des habitués de ce blogue par L’assistante) Simon Gouache et Cathleen Rouleau, représenteront les jeunes bougalous.

Évidemment il y a de fortes chances que tous (les comiques) soient sur la brosse parmi le public après puisque le show se transforme ensuite en party grâce à un maelström d’humoristes/DJ/improvisés…

Si vous voulez pouvoir dire à vos enfants, moi aussi j’ai frenché Dominic Paquet, allez sur le site du Club Soda, le show de la St-Jean des Humoristes, un show, un pays, un jour….

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humour vs terrorisme

8 mai 2011

J’en ai lu beaucoup qui aurait aimé qu’on ne tue pas Ben Laden, qu’on tente de le juger comme n’importe qui ayant commis un crime. Angélisme? Vient un moment où un être humain peut mériter le sort d’une mouche. Je pense toujours à Hitler dans ces moments là, aurait-on juger Hitler? Le méritait-il…Tsé.

Moi cela m’a fortement inspiré, voici ce que j’ai twitté au lendemain de son exécution:

1.

Le livre « Où se cache vraiment Ben laden » est en vente chez Archambault à 90% de rabais

2.

Cher @BarackObama vous êtes le seul de ma TL qui a tué quelqu’un cette semaine, bravo, mais oubliez pas de voter !

3.

12h13 et le film sur la mort de Ben Laden est toujours pas sorti? Coudonc Hollywood dors au gaz à matin

4.

Ben Laden repondra à vos questions, via la table des esprits avec Chantale Lacroix, en primeur à TVA !

5.

Bon le TNM confirme, Oussama ben laden ne sera pas de la trilogie des femmes de Sophocle

6.

Les dernières paroles de Ben laden ont été : pourquoi??? kessé j »ai fait ???

7. Elle n’est pas de moi mais elle est excellente ; Christine Nangle ; You know Barack and Michelle are having some crazy « we killed Bin Laden » sex right now

Les nouveaux tannants

4 mai 2011

Les nouveaux tannants

C’est l’histoire du gars qui chaque année depuis 20 ans rentre chez son médecin et se fait dire d’arrêter de fumer, de perdre du poids et de manger plus de légumes.  Fatigué des « vieux discours » de son médecin, le gars change de médecin et s’en va se faire soigner chez une cartomancienne.

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Nous voilà avec un gouvernement conservateur.  Le Bloc est détruit.  La députation québécoise du NPD fait dur.

Sans tenir compte de Layton, « L’administration Harper » va passer les 4 prochaines années à façonner l’appareil gouvernemental à sa manière et saper dans tout ce qui ne sert pas leur réélection. TOUT.

Ça je le comprends.

Parlons Québec, pour vrai, et parlons de cette boule d’émotion électorale qui récidive, guidée lors de la vague adéquiste par la même soif de « changement ».

L’énoncé « on est tanné des vieux discours » entendu  20 000 fois depuis 5 ans est devenu lui-même « un vieux discours ». « On est tanné » est le mantra de ceux qui se réclament de la modernité. « Les tannés » sont maintenant un groupe électoral.

Mais leur « tannage perpétuel» est devenu plus ronflant que la rhétorique soporifique de Gérald Larose.  « Les jeunes tannés » sont les néo-fatiguants de demain matin.

Tannants d’autant plus que c’est dans la nature des tannés de se tanner, ils se sont tannés vite de l’ADQ et ça va se tanner assez vite du NPD si ce n’est déjà fait.

Détannez vous !

Maintenant si les ténors du PQ et BQ sont responsables d’une chose, c’est de ne pas être capable de tenir un discours à la hauteur du projet proposé.

La souveraineté du Québec, ne peut pas être une « vieille idée », sinon avoir des enfants c’est une « très vieille idée ».  La souveraineté est une idée point.  Mettre un âge sur une idée aussi intemporelle c’est comme dire qu’il faut couper des érables parce que ce n’est pas à la mode.

Que le Québec soit un pays, c’est une idée audacieuse, et c’est son audace qui fait peur.  Ceux qui craignent la souveraineté c’est à cause de son tsunami de nouveautés potentielles, la souveraineté c’est une ouverture vers de multiples nouveautés.  Plus que le mot Nouveauté dans NPD c’est certain.

Obama a trouvé les mots pour parler de changement.  Obama n’est pas un orateur de formule clip à la Mario Dumont, c’est du lourd, du pesant, du dense, et pourtant il incarne le renouveau comme le voudrait tant les politiciens du PQ et du BQ.  Il y a de la lumière qui passe quand il parle.  C’est un vrai leader de contenu.

La philosophie « on est tanné » a donné 2 vagues.  L’ADQ et le NPD, et des majorités à Charest et Harper.

Si le PQ ne saisit pas le message.  Ne trouve pas les mots pour transformer cette bouette informe de tannage collectif en électricité.  Le Québec va continuer à regarder son Histoire lui couler entre les mains, impuissant. De quoi se tanner encore lonnnnnngtemps.

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C’est l’histoire du gars pas en forme qui allait voir son médecin.  Le médecin fume pas, fait du sport et mange santé.  Tu sais quoi ? lui dit le médecin ? Si tu savais comment je baise ces temps-ci tu ne croirais pas ça !

Le gars sort de chez le médecin, prend sa santé en main et s’en va fourrer la cartomancienne du coin et ils eurent de nombreux enfants.

Joan et Jérôme

28 avril 2011

Loué hier le documentaire « Joan Rivers : a piece of work« , un document très intéressant pour un humoriste de scène qui veut réfléchir sur l’évolution de son art avec l’âge.

Parce qu’on oublie peut-être que le chanteur, le cinéaste, l’auteur, (quand ils signent de bons contrats ha ha ha), peuvent vivre des recettes de leurs oeuvres (disque, livre, film etc) tandis que l’humoriste de scène ne peut se séparer de son oeuvre.  Nous vieillissons avec notre art.

Nous sommes condamnés à travailler sur scène, et vieillir ne semble pas rendre cela plus facile. Pour les femmes, le vieillissement est le plus impitoyable, d’où l’intérêt de ce documentaire sur celle dont les chirurgies esthétiques ont masqué le talent au fil des ans.

On ressort troublé de ce documentaire qui révèle par moment de grandes vérités sur le métier de stand-up.  Yvon Deschamps a toujours insisté, c’est plus dur en vieillissant les amis !  Quand on constate la quantité d’humoristes d’ici qui accrochent leur micro à l’aube de la quarantaine faut croire que cela est vrai.

Joan Rivers, pionnière de l’humour irrévérencieux féminin, a toujours été impertinente, mais de la voir, assumant tout, provoquant encore à 76 ans, cela force l’admiration.

Jérôme Lemay est partit la semaine dernière, ça m’a profondément attristé car on s’était croisé il y a pas très longtemps (nous étions voisins de quartier), il avait dans les yeux ce feu du gamin qui prépare des mauvais coups.  Il était heureux de retrouver Jean Lapointe et le public, il était heureux comme on veut l’être toute sa vie.

On sait que les vieux ont pas le droit de baiser (tabou du sexe chez les aînés) mais à regarder Joan Rivers, on peut se demander s’ils ont aussi le droit d’être aussi audacieux que les jeunes.  Parce que le corps vieillit inexorablement, mais l’esprit, possède ce potentiel de demeurer jeune, et parfois même obstinément jeune, ce qui est probablement le plus superbe pied de nez à la mort.

Respect Joan et Jérôme.

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