Pour en finir avec le conflit des générations, je ne comprends pas les X et les Y qui reprochent aux hippies d’avoir détruit l’humanité ! Faut être indulgent. Quand tu es sur le LSD et que tu hallucines des chiens saucisses qui parlent, sauver le monde n’est peut-être pas ton champ d’expertise. En tant que membre en règle des X, je n’ai absolument rien à reprocher aux baby-boomers, à part ceci : la fabulation de leurs exploits de jeunesse.
J’ignore s’ils se sont consultés, mais à les écouter parler, ils sont tous allés à Woodstock partouzer dans les champs avec Jimmy, Janis et Jim. Je veux bien croire que tout les jeunes boomers étaient souverainistes et rock n’roll, mais ce n’est pas comme s’il y avait eu 5 millions de felquistes cachés dans les Laurentides et que Franco Nuovo était dans les Beatles. Soyons honnêtes, en 68, ils étaient probablement plus nombreux à travailler chez ti-jo patate pour se payer une sortie au ciné-parc avec la jolie Guylaine.
Cette auto-glorification mémorielle ce manifeste surtout dans l’évocation de leur fameuse révolution sexuelle. C’est l’élément clef du mythe baby-boomien. Cette soi-disante abondance de nymphomanes en mini-jupe qui se laissaient cueillir comme des framboises en juillet. J’ai des doutes. Pas certain que les plus belles pitounes de la ville se laissaient ‘jouer dans le puncho’ par n’importe lequel zouf avec des lunettes de John Lennon. Oui la pilule, oui l’ouverture aux expériences, mais il y a une loi universelle ; un moron sans avenir n’aura jamais de chance avec une Carla Bruni, même ben stone sur les champignons!
Surtout que les baby-boomers ne détiennent pas le monopole du plein emploi sexuel. Il s’est sûrement moins échangé de partenaires à l’été 68 que le weekend dernier dans les after hours de Laval. C’est une question de substance, le speed et l’extasy, ça met plus de pikpik dans le lapin que le hash et la Brador. Et les jeunes ne fanfaronnent pas, eux, ils ont des preuves. Ils ne font plus rien sans mettre la version intégrale de leurs ébats sur internet. Un click et c’est comme si vous y étiez. C’est l’amour libre à portée du doigt. Et impossible de reprocher ça aux Y. Ils utilisent des ordinateurs payés par leurs parents baby-boomers! Interdit d’interdire, c’est ce qu’ils scandaient tous à Paris en 68, non ?