Parodie de Mary-céramike Placard (selon le jeu de Miss Piquette)
Vendredi 9 février 2007
En 2004, j’étudiais en journalisme sans y croire, ce qui accentuait mon mal de vivre et mon désir de trouver au plus sacrant un gars avec qui je pourrais partager plus qu’un pichet, une pizz et un gala de lutte en vidéo. Dans tous les rêves où je me suicide ou me fais liposucer le derrière, il y a toujours un homme qui pleure ou qui paye. C’est dire que le célibat me pèse et pour moi, l’internet demeure la meilleure façon de rencontrer quelqu’un qui a au moins les moyens de se payer un ordinateur.
Comme toute bonne réseaucontactienne, je vivais bien avec l’idée de me présenter comme une fille dynamique, tout en restant assisse devant mon ordi pour cruiser. Mes dernières expériences avec l’homme capé, le fils à môman, le mou de pâques et le dépressif en transport en commun, n’avaient pas encore eu raison de mes illusions. C’est là que Nico69 est entré dans ma vie.
J’avais tout de suite vu dans son nick de mauvais goût un 2e degré charmant. Après avoir longuement hésité plusieurs secondes, je lui donne rendez-vous près de chez moi. La stratégie étant de ne pas dépenser trop d’énergie au cas où il aurait inversé son poids et sa grandeur sur sa fiche et que je perde ma soirée avec un homme de 215 mètres pesant 6.2 livres. Mais, pas de mauvaise surprise, Nick69 s’avère être un cliché de beau gars. J’en ai la craque pleine de chair de poule. Mais Nick69 a surtout une voix sensuelle. Les basses fréquences de son organe vocal me vont droit au jupon et je préfère l’inviter chez moi avant qu’il ne gâche tout en m’avouant être un témoin de jéhovat O négatif.
Après le tournage autour du pot de circonstance, je me retrouve sur le dos dans mon lit avec le Nick69 en pleine possession de mes chevilles. Le problème, car il y en a toujours un, n’est pas ici physique mais audio. Le Nick69 ne se la ferme ja-mais. Il parle non-stop. De plus, son érection lui enlevant visiblement beaucoup de sang, il improvise de façon confuse des phrases de plus en plus incohérentes. C’est une logorrhée imbuvable où il abuse de moi et de la langue française tout en prenant bien soin pour m’enfoncer le visage dans tout ce qu’il peut trouver de moelleux. C’est en cherchant mon air tout en l’entendant déblatérer sur les particularités de mes fesses et ma subtile démarcation de bronzage, que je savais déjà que je ne pourrais jamais entendre l’expression verbomoteur sans revoir l’image de Nick69 en sueur, me labourant avec effort tout en me faisant un exposé tendancieux sur mes plis de gras de hanche.
Même après, la fontaine perpétuelle ne montrait aucun signe de ralentissement. Le débit était constant. Je regrettais déjà les doux moments passé la tête enfouie dans mon oreiller à penser à James Hyndman.
Je suis une fille qui a des rêves, et un homme qui me parle de son passé de scout, son opinion sur les stratégies militaires de Hitler, son rapport au cuir, ses réflexions comiques sur les arrangements floraux et de ses peurs adolescentes d’avoir de la barbe dans le dos en s’épilant, mais qui ignore mon nom de famille, non, j’ai des principes, au nom desquels je savais que je ne serais pas Madame 69.

