
En politique provinciale, Mario Dumont est le Guy Lafleur de la formule punchée. Mais comme le démon blond autrefois, il lui arrive de rater la cible.
Cette semaine, il caricaturait la vision économique des 3 grands partis politique québécois avec cet exemple : le PQ c’est Obélix, le PLQ c’est le barde et l’ADQ c’est Astérix. Vous ne comprenez pas du tout ce que ça veut dire? Moi non plus. Normalement quand on utilise des exemples simplistes (comme le village d’Astérix), ce n’est pas supposé être accompagné d’un livret explicatif. Je pose donc tout haut la question que personne n’ose poser même tout bas: Dumont souffre t-il d’épuisement professionnel ?
Que notre démon brun soit fatigué ne serait pas surprenant. Comprenez, ce fut toute une année pour Mario Dumont. Passer de chef d’un parti vide à chef d’un parti avec du vrai monde dedans, c’est stressant. De plus, quand tu te retrouves avec des jeunes députés qui ont de la misère à faire un nœud de cravate, c’est plus d’ouvrage. On pourrait penser que si Mario Dumont utilise Astérix et Obélix c’est pour ce faire comprendre par ses propres députés, mais si tel est le cas, il aurait été plus avisé de piger dans le répertoire de Passe-Partout. Ça ne tient donc pas.
Alors si ni la fatigue, ni les médicaments ne sont en cause, et que l’allégorie du village gaulois est fidèle à sa vision de l’économie, cela soulève d’importantes questions. Si l’ADQ est Astérix, qui est le chef Abraracourcix ? Le parti Conservateur ? Qui tient son bouclier ? Le NPD et le Bloc? Qui vend le poisson pas frais ? Les libéraux ? Jules César c’est George w. Bush ? Qui est le vieux qui sort avec la jeune blonde? Claude Dubois? Falbala, c’est Liza Frulla? J’exige des éclaircissements ! Car si on est pour aller fouiller dans notre collection d’Astérix pour percer le mystère adéquiste, faudrait être plus clair.
Décidément, le leader de l’action démagogique nous a habitués à mieux. Je sais que Mario Dumont a peur que la réalité ne lui tombe sur la tête, mais de là à se prendre pour Astérix ? Comme on dit : le combat des chefs ne fait pas le gaulois.
Le pire dans cette comparaison ratée, c’est qu’Astérix a beau être le héros, c’est Obélix que les gens préfèrent, et ça, c’est une erreur qu’un jeune député adéquiste n’aurait jamais commise…
Alors qu’est ce qui déconcentre tant l’ailier droit adéquiste? Serais-ce la présence de Pauline Marois sur la patinoire identitaire ? Surtout quand on sait que chaque anglophone enragé qui traite les francophones de vermines racistes (lire The Gazette) se décline en des milliers de nouveaux appuis à la cause souverainiste. Je ne suis pas « devin » mais on dirait que le Québec est en train de se préparer aux aventures d’Astérix au pays des Souverainix.
Et au cas où Mario voudrait changer de héros et se prendre pour Jésus, faudrait lui dire, que malheureusement pour lui, la place est déjà prise par Martin Matte. Mais Goldorak, Demetan et Spiderman sont disponibles.
Cette semaine dans le Petit dictionnaire de Martin :
Simpliste : adj. Qui simplifie outre mesure. Ex : prendre des péquistes pour des nazis, comparer le rôle de l’état avec une bande dessinée, prendre les arabes pour des terroristes et tous les Imams pour des saints.
Pensée du jour :
Soyons moins simplistes par Toutatis !