Archive pour la catégorie 'Débats effrénés'

La banlieue a le dos vraiment large

Mardi 13 septembre 2011

Vous habitez en ville? avec des enfants? et vous aimez ça? Je dois sûrement vous connaître car vous avez dû passer à l’une ou l’autre des émissions de la radio de Radio-Canada.  Car ça ne finit plus le nombre de témoignages enthousiastes de montréalais fous de joie de leur vie urbaine.

Quand on sait que c’est à la tonne que les gens choisissent d’élever leurs enfants en banlieue, on a presque l’impression que ceux qui le font sont un peu épais.

Bonjour je suis Martin P et je suis un « criminel »car j’habite en banlieue.  Ceux qui ont vu mon spectacle savent que je me moque avec un plaisir partagé de cet état de fait.

Quand c’est pas les écolos et le mal de l’étalement urbain, c’est le chroniqueur d’après-midi, le jeune journaliste tendance, qui ne comprend pas pourquoi on devrait quitter l’île.  Bref notre radio publique aime sans modération Montréal et sa vie de quartier trépidante, riche et savoureuse.

Tsé quand on essaye de mettre le doigt sur le je-ne-sais quoi de « déconnecté de la réalité » ou de « l’attitude branchouille plateau » voir « simili-snob » de ma radio favorite, c’est pas dans l’intérêt pour la culture de pointe.  C’est dans le « je suis où j’habite », cette forme de classement social, Montréal versus les banlieues, où Montréal est le nec plus ultra de l’habitation citoyenne.

Quand tu as des enfants, l’argument je me rapproche de ma famille (grand-parents, soeurs, frères etc) en est un de taille.  Si ta famille est sur la rive-sud tu risques de vouloir élever tes enfants sur la rive-sud. Surtout si tu as toi-même eu une enfance heureuse sur la rive-sud.

Faudrait en revenir.  L’avenir ce n’est pas plus de jobs à Montréal, Montréal est saturé.  Un char de plus est un char de trop.  Montréal est contingenté.  Alors faut développer des banlieues, les penser intelligemment, comme des villes autonomes et non de simples extensions de la métropole, capables de créer les mêmes services et les mêmes avantages, et de surveiller la corruption de leurs hôtels de ville avec le même scrupule.

*Bravo au journal Le Devoir pour son suivit sur le motel de ville de Laval où le Gilles « Duplessis » Vaillancourt sévit…

La guerre invisible

Samedi 20 août 2011

Ok soyons honnête, la période 17-21 ans est parfois difficile à vivre et donne lieu à des poursuites esthétiques épiques.  Hier 2 spécimens de ce qu’on appelle affectueusement des douchebags, sont arrivés, en retard, à mon spectacle.  S’étant trompés d’entrée, ils ont dû passer devant la scène rejoindre leur banc, ce qui m’a « obligé » à m’attarder à leur cas.  Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas cruel mais il y avait matière à rire, 2 gars habillés pareil, jeans, t-shirts blancs avec des dessins argentés illustrant rien, et des casquettes bleues retournées.  Douchebag attitude assumée, les 2 gars avaient l’air de 2 aveugles dans une librairie, des filles pleuraient de rire dans les premières rangées.  Bref ils ne sont pas restés pour la 2ème partie, heureusement car ça parle de religion et de politique…

Autant internet que les centres d’achats de région comme Laval, regorgent de spécimens de jeunes complètement pitounés et breloqués à l’extrême, provoquant chez l’adulte des spasmes cervicaux potentiellement fatals.  Ces enfants-avec-des-voitures ont 20 ans en moyenne et lors d’un stimulant dîner avec l’excellente blogueuse et femme de lettres Catherine Voyer-Léger nous évoquions leur base culturelle, au sens large.

Je m’en prend ici à la dérive de la télé-réalité qui c’est imposée il y a 10 ans comme une forme légitime de divertissement, fracassant des records de cotes d’écoute, et méritant l’attention passionnée des journaux comme le JDM et LaPresse.  Les plus fragiles auditeurs de ces émissions où les effets les plus racoleurs servent de trames de fond à l’exposition des faiblesses intellectuelles sont les enfants.  Or les douchebags, d’aujourd’hui avaient 10 ans quand sont apparus : Lobotomie Story, Pénétration Double and co.  Les voilà nos petits garçons qui ont grandis en regardant « des adultes » , (les plus tatas du troupeau), devenir des vedettes célébrées comme des artistes ou des athlètes, invités aux mêmes émissions culturelles, légitimisés par la puissance de nos médias.

Les voilà les pauvres, des airs de chevreuils perdus, ne comprenant rien de la vie en dehors de leur discothèque locale.

La culture c’est large.  Foglia parle d’une rivière boueuse.  Forcément cette rivière a une direction.  Nous avons ouvert des digues il y a quelques années et la rivière a fait son lit.

Vous avez été choqués peut-être par cette entrevue avec Margie Gillis.  Ce n’était pas une erreur, c’était une maladresse du pitcher, mais la cible reste la même, on attaque l’idée que l’homme peut s’élever à travers l’accès aux arts et à la culture.  Cette idée est maintenant attaquée par des forces qui disent que l’homme peut s’élever à travers l’accès à des courses de char, de la bière et à une esthéticienne.

Il y a beaucoup de confusion sur le sens des mots : culture, art, artiste, éthique, dignité, intégrité, spectacle, divertissement.  Les responsables de cette confusion sont les artistes, les journalistes culturels, tous les intervenants culturels des arts et de l’enseignement qui ont plié devant l’appétit commercial du clinquant et du superficiel.  C’est notre faute.

Il y a comme une guerre froide au sujet de l’avenir de la culture et les douchebags sont peut-être les premiers dommages collatéraux.

Blogue en berne

Dimanche 14 juin 2009

Cet hiver je faisais un spectacle à Valcartier.  Dans mon show je parlais entre autre chose du courage d’admettre ses défauts, et dans mon cas, d’admettre que je ferais un très mauvais soldat.  Après le show un soldat est venu me féliciter  » ça prend du courage aussi pour monter sur scène  » m’avait-il dit.  Gentil comme tout, mais tellement faux.

Aujourd’hui le Caporal Martin Dubé est mort en Afghanistan, il était probablement là le soir de mon show.  Quand on monte sur une scène on risque le ridicule mais le ridicule ne tue pas, les bombes oui.

***

Samedi rue St-Catherine un gars du 22ème régiment m’interpelle ; « tu m’as fais rire en mission, merci » (J’avais enregistré un petit message pour souhaiter joyeux noël aux troupes).  Le gars avait ce regard qui cache mal la souffrance causée par les mauvais souvenirs qui nous suivent.

Il y en a qui y reste, mais personne je crois, ne peut complètement en revenir.

***

Sainte guerre de merde…

La souverainé est-elle plus sexy que le cancer?

Mardi 9 juin 2009

Le terme sexy est très utilisé chez les publicitaires.  La tarte aux communes qui vient de se faire prendre à utiliser ce terme en évoquant le cancer n’a fait que l’utiliser d’une manière légèrement plus désinvolte qu’à l’habitude.

Avant « c’est sexy » on disait « c’est payant » avant on disait « c’est hot » puis ben avant on disait « succulum dixit osbicus »

La souveraineté de madame Marois n’est sûrement pas « sexy » en ce moment.  Mais ça veut pas dire que ça ne mérite pas qu’on en parle. L’argument béton des libéraux  « le monde veut pas en parler » m’estomaque par sa profonde arrogance.

Car voici une petite liste des choses dont on (le monde) voudrait parler mais que les politiciens pourtant à l’écoute du peuple ne parlent pas pantoute (incluant le PQ):

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C’est quoi ton style patate?

Dimanche 7 juin 2009

Pour la promotion du gala que j’anime au Grand Rire de Québec le 19 juin prochain, j’ai fait eu un entretien très riche et dense avec Marc Allard du Soleil en avril dernier. L’entrevue est ici.

Je ne suis pas très « Roy Dupuis » en entrevue (je suis plus du genre Gregory), j’en donne beaucoup et je m’étonne de la capacité des journalistes à faire une synthèse lisible et cohérente de mes logorrhés. Ainsi, je suis toujours intéressé de lire ce qu’ils ont retenu surtout après une longue entrevue.

Donc pour cette entrevue de fond, ça va bon train, ça coule, mais à un moment, je pogne un banc de sable.
Le jeune journaliste me demandait de définir mon style.   Heu..Heu…

Et il insistait.  Ça avait l’air ben important pour lui que j’en ai un.  Un style?

Du style, parfois, mais UN style,  UN genre, franchement, ça a duré un bon 15 minutes…j’étais vraiment scié.

Le Allard en question ne lâchant pas sa proie j’ai sué pour répondre quelque chose de plus ou moins adéquat.  Rien de très vendeur en tout cas.

Insatisfait de ma réponse, j’ai effectué le 2h30 Québec-Laval en me demandant comment définir mon style.

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Terrible 2 : À quand le film?

Mercredi 3 juin 2009

Un film où le monstre est un enfant de deux ans.  Le lieu? Dans une épicerie fine.  L’histoire? Un père plutôt relax va chercher de la viande avec son fiston.  L’intrigue? Le fiston veut jouer à remplir le panier avec des bouteilles d’huile d’olives à 30$.  Le style? Plein de flashback où on voit fiston imiter une torsade au miel pendant qu’on tente de lui torcher son caca matinal, où perforer les tympans de ses géniteurs pour signifier son désaccord sur l’heure du bain.  La fin? Le père réussit à acheter la paix avec un bonbon près des caisses, mais est-ce la fin, il y aura t-il une suite? Terrible 2 the return?  Hummm ça sent le sequel…


C’est très bien expliquer ici.

On est pas seul au moins.

On l’habille comment?

Ô…GM

Dimanche 31 mai 2009

Comme on disait autrefois à Détroit : « le jour que GM va faire faillite il va y avoir un noir à la maison-blanche! »

gm.png

Scoop: Le maire Gérald Tremblay briguera la mairie de Laval.

Mercredi 29 avril 2009

Mauvaise nouvelle pour les gens allergiques aux fraudeurs, l’indice de pas-clean est très élevé ce printemps.

La mairie de Montréal est à la veille de boucher les égoûts à force de cacher des scandales.  La déchiqueteuse à papier ne sera jamais offerte en PPP c’est certain.

Puis à Laval, la ville-qui-ne-mérite-pas-une-couverture-journalistique-sérieuse-malgré-le-fait-que-le-tiers-des-lecteurs-de-La-Presse-et-du-Journal-de-Montréal-sont-lavallois-ce-qui-fait-l’affaire-de-toute-l’équipe-Vaillancourt, il y avait le week-end dernier, un forum social composé de toutes les forces vives citoyennes et communautaires motivées par l’amélioration de la ville.  Nombre d’élus municipaux présents ? 0.  Un forum citoyen et le maire préfére se louer Die Hard 3 ou regarder des col bleus partir sa piscine, que sais-je? Mais aller rencontrer ses citoyens les plus proactifs? Hérésie !!!

Le service de police de Laval a même reçu l’ordre (comme d’autres) DE NE PAS y participer !!!

Faites moi penser d’aller ajouter le nom de Vaillancourt sur wikipédia à la définition du mot TAPON.

Avec un excellent rapport surveillance médiatique versus exercice du pouvoir,  la mairie de Laval est de loin un meilleur deal que celle de Montréal, le maire Tremblay serait TAPON de ne pas y penser.

2ème disparition des dinosaures

Samedi 25 avril 2009

GM dira bye-bye à sa marque Pontiac…un simple modèle de voiture qui s’envole ou un modèle de société qui disparaît ?

pontiac.png

Le 11 septembre des journaux de papier

Mardi 7 avril 2009

On parle de plus en plus d’internet comme du deuxième avion à frapper l’industrie du journalisme. Hugo Dumas peste, Steve Proulx y voit un défi, Michelle Blanc une étape, mais personne ne s’en réjouit.

La victime dans cette histoire serait la « qualité » de l’information.  Ça et un paquet de jobs syndiqués.

Par contre, insister sur le rôle coupable d’internet serait oublier le premier avion venu percuter le monde journalistique. Piloté par les corporations assoiffées d’influence, ce sont des milliers de journalistes qui ont acceptés d’être menés par une poignée de magnats.

La victime FÛT la qualité de l’information du moment où elle est devenue un produit commercial.

Le public a t-il désespéré d’obtenir la vérité et décidé de consommer sa vérité ? Comme le démontre Fox News et son matraquage anti-Obama pour plaire à son audimat conservateur, l’information s’est emputassée à grande échelle.

De fusions en fusions la mentalité du marketing spectacle de l’info a contaminé toutes les plateformes.  Pas besoin de BAC en communications pour savoir que ce qui concerne Brad Pitt va en page 2 et ce qui touche le Pakistan en page 33.

L’audimat a donc sculpté l’information comme jamais ne le feront les commentaires de blogues et autres twitter.

Je ne pourrais pas dire à quel point les journalistes sont en parties responsables de ce qui arrive, cela ne m’amuse pas de le mesurer.

Mais quand je lis qu’un journaliste de La Presse s’attriste de la disparition possible de la qualité de l’info, et qu’il me livre du même souffle un résumé de loft story, on sursaute.  Je ne sais pas qui va gagner quoi avec la descente des journaux et la montée d’internet, mais une chose est certaine,  difficile de battre le web quand on veut des nouvelles du loft.

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