Mon silence expliqué

Le duo travail/famille lorsqu’il occupe toute la place, laisse peu de temps au blogueur, surtout lorsque le blogueur se défoule en 140 caractères.

En fait je micro-blogue en masse, mais ici ça fait dur.  Voici pourquoi.

Je voulais vous partager ceci mais je ne savais pas comment, le faire de la bonne façon, et surtout en étant utile.  Et j’ai bloqué parce que je ne savais pas comment.

Il ne faisait que 10 degré, à Sept-Isles quand je suis tombé sur ce bébé, en pleine rue, sans aucune surveillance, j’ai dû immobiliser mon véhicule et sortir pour reconduire l’enfant dans la maison d’où je l’ai vu sortir.

Je suis allé porter plainte à une agent de la SQ qui, non loin de là, donnait une contravention à un jeune couple qui conduisait avec un poupon sur les genoux au lieu de l’attacher dans son siège de bébé….

Oui tout cela dans la réserve amérindienne qui fait partie de la ville de Sept-Isles.

Ça m’a mis le cafard tellement, l’enfant sale au possible, en plein milieu de la rue (à 2 pas du fleuve) sans protection contre un accident de la route, une noyade ou un solide coup de froid.

Moi qui pensait à mes propres enfants que je n’avais pas vu depuis 10 jours mais que je savais au chaud, heureux et en sécurité.

J’ai tellement voulu le ramener chez moi.  J’étais furieux contre les mauvais parents qui malgré toutes les excuses du monde ne méritent pas de faire subir leur pauvreté crasse à leur enfant. Un enfant qui a 9 chances sur 10 de pousser croche….

Je sais aussi que ça n’est absolument rien d’extraordinaire, ça semble être chose courante, le quotidien absolument con, qui ruine le respect.

Je comprend mieux le climat de tension qui existe à Sept-Isles, les histoires d’horreurs les habitants en ont 1000, et l’indifférence semble contagieuse.

Tout ça pour dire que je n’avais pas le coeur à vous partager ça, mais je ne voyais pas comment passer par-dessus.

10 commentaires à “Mon silence expliqué”

  1. Bruno dit :

    Merci quand même de nous partager celà. La réalité de ces régions n’est pas tellement présente dans nos médias. Merci aussi de continuer ton blogue!

  2. André dit :

    Je viens de Sept-Îles. J’en ai entendu (et vu) des vertes et des pas mûres. La photo me donne quand même froid dans le dos.

    La tension était là avant que je naisse, tout le long de mes 25 ans, et elle va être là encore très longtemps. J’habite maintenant Montréal, donc je suis un peu plus détaché. Mais à chaque fois que j’entends parler de ces problèmes, je grince des dents…

  3. Maria dit :

    Malheureusement je crois pas que nous ayions besoin d’aller aussi loin pour voir ce genre de chose ….. :( :(:(:(:(

  4. Ça me déchire… Je vois peu ma fille ces temps-ci avec l’université de soir et le travail de jour (bon, c’est pas une tournée, je sais. :P ) mais, au moins, ma copine est là à 100% pour elle…

    Ça vient me chercher des cordes sensibles cette histoire… Mais ces cordes ne se traduisent pas vraiment en mot.

    Pas ici en tout cas.

  5. bruno boutot dit :

    Ça n’a pas l’air d’être un problème isolé:

    http://boingboing.net/2011/11/24/canadian-indigenous-band-decla.html

  6. étoile dit :

    Je me joinds à votre blogue pour la toute première fois et je suis très touché par votre billet. La misère humaine existe tout près de chez nous au Québec. Il faut absolument la dénoncer. Ces enfants vont pousser tout croches et malheureux. Quand on parle ici de la sécurité d’un bébé ça devient vraiment inquiètant. Il faut rester vigilent face à ça car ils seront notre avenir. Merci pour ce billet.

  7. Marjo dit :

    Je me suis ennuyée de tes billets, mais je comprends ton manque de temps entre travail et famille.

    Tu as bien fait de nous parler de ce que tu as vu à Sept-Îles. Ce sont les silences qui encouragent cette façon de faire vivre à des enfants ce que ces derniers subissent – et en trop grand nombre.

    Si tous rapportions ce dont nous sommes témoins, est-ce que ça changerait quelque chose ? J’ose espérer que oui.

    Marjo

  8. Pierre dit :

    Merci de ne pas te foutre de ce qui t’entoure et d’être allé à la rescousse de ce petit, contrairement à cette petite fillette heurtée par un véhicule et ignorée dans sa souffrance par les passants en chine dernièrement.

    Pas surpris que les films de zombies soient si populaire ces dernières années, c’est un reflet de cette planète en transformation. Quand 3 jeunes aspergent d »essence une jeune fille et menace d’y mettre le feu pour une question d’une pointe de pizza au Saguenay, le future de cette planète m’inquiète, des zombies je vous dit…

  9. Rémi dit :

    Comme personne semble faire le commentaire :  » Sept-Isles  » ?

    Mais bon, venant moi-même de Sept-Îles (et habitant aujourd’hui à Montréal), un des grand « drame » c’est que beaucoup de gens en région ne s’en rendent même plus compte. C’est comme si c’était « normal » d’avoir carrément un ghetto plein de misère et de pauvreté en plein milieu de la ville, parce que c’est des « Indiens » et que ça compte pas vraiment comme de la « misère humaine ».

    Les gens de la régions viennent parfois à Montréal et s’étonnent quand ils voient des itinérants et autant de pauvreté dans certains quartiers. Mais en même temps ils ne se rendent pas compte qu’il y en a autant à 2 pas de chez eux.

    Une chose que j’ai compris avec le temps c’est que les gens de Sept-Îles, pas tous évidemment mais un bassin important, sont profondément racistes, pas dans un sens haîneux, mais dans un sens méprisant, à un point tel qu’ils ne s’en rendent même pas compte quand ils le sont. La distinction blanc/indien est vraiment profondément ancrée dans les habitudes de beaucoup de personnes à un point où c’est une distinction qui semble fondamentale et naturelle. C’est probablement la forme de racisme la plus profonde, celle qui vient d’une distinction tellement normale et naturelle pour nous qu’on arrive même pas à s’apercevoir que nous sommes racistes.

    Les gens se rendent pas vraiment compte à quel point dans le Canada il n’y a pas « deux solitudes », il y en a trois.

    Ça me fait penser à ce reportage sur le mépris inhérent que nous avons face aux autochtones : http://www.cyberpresse.ca/actualites/201111/07/01-4465568-des-centaines-de-femmes-autochtones-tuees-dans-lombre.php

  10. Le Gaïagénaire dit :

    http://films.onf.ca/peuple-invisible/ de Richard Desjardins

    C’EST PAS DU RACISME, C’EST UN GÉNOCIDE.

Laisser un commentaire

Notifiez-moi des commentaires à venir via email. Vous pouvez aussi vous abonner sans commenter.

est fièrement propulsé par WordPress
Flux RSS des entrées et Flux RSS des commentaires.