Parizeau en parle

J’ai raté l’émission de Bazzo.Tv que Simon Jodoin a vu, où Jacques Parizeau soulignait le manque d’artistes, de créateurs et de poètes au Québec.

Simon Jodoin ( chroniqueur au Voir) pose la question dans son texte d’aujourd’hui « J’en viens donc à me poser une question qui me trotte dans la tête depuis belle lurette : Se pourrait-il qu’au Québec, par les temps qui courent, les artistes ne jouent plus leur rôle, ne remplissent plus leur mission sociale? »

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J’ose cette réponse.  Je crois que Parizeau espère tout au plus 4 ou 5 artistes complets, qui pourraient mettre en lumière, mieux qu’il ne le peut aujourd’hui, cette idée que les québécois devraient se donner un pays pour faire mieux que seulement survivre en Amérique.  4 ou 5 artistes pas plus.

Inutile de demander à nos 24 vedettes et nos 2 000 artistes de se transformer en radoteurs d’éditoriaux.  Chaque jour, toutes les opinions sont exprimées de gauche à droite, tout a été dit à midi et ça recommence le lendemain.  Est-il nécessaire d’en faire une buying cialis online chanson?

Les gens regardent autant leurs artistes favoris pour décrocher de la réalité, s’y raccrocher, ou se choisir une nouvelle coupe de cheveux. Demander aux artistes si ou ça c’est comme demander à tous les chats de la terre de manger à heure fixe.

*

Récemment je faisais une entrevue sympathique avec Sophie Durocher pour le journal de Montréal concernant justement ce thème et d’autres abordés sur ce blogue.  L’article résumait tout à fait l’essentiel de notre entretien.  Mais le titre de l’article « Martin Petit se vide le coeur » montre bien notre époque en manque d’opinion.  Je disais que la télé-réalité présente des modèles masculins moumounes à fond, est-ce là se vider le coeur? Exprimer une opinion que 95% des gens du milieu culturel partage? Pas du tout.  C’est dire simplement la réalité sur ce genre de télé.

Si dire la vérité devient « se vider le coeur », quand un artiste qui mentionne un sujet d’actualité devient « engager », si questionner le pouvoir nous rend « en colère » « rebel » « militant » citoyen », alors que c’est ce qui devrait être considéré comme normal de la part de tous.  Voilà la preuve qu’il existe un climat qui prône une forme de silence, un climat qui privilégie l’absence de discours libre, un climat qui punie donc ceux qui veulent simplement jouir des privilèges d’une société libre. Chaque pays possède son climat, le nôtre est latin refroidi.

*

Parizeau est un des rares hommes d’état que le Québec a connu.  Homme d’état à la Churchill, capable de voir loin.  Il est tout à fait conscient de son rôle dans l’histoire du Québec moderne, il est conscient aussi du chemin que son talent et son charisme lui ont permis d’accomplir sur la route d’un Québec souverain.  Il sait aussi qu’il a été volé en 1995 par des forces plus grandes.

On a eu Parizeau, on a eu Lévesque.  C’est peu, mais c’est autour d’eux que le talent d’une génération a trouvé une force et une synergie remarquable.

*

Est-ce autour d’un poète que le Québec de 2011 va se sortir du sable mouvant mafieu dans lequel il est englué? Probablement pas.  Mais il y en a long à dire sur ces hommes forts qui savent lire de tout.

5 commentaires à “Parizeau en parle”

  1. Simon Jodoin dit :

    Salut Martin!

    D’abord, juste pour te dire, tu peux revoir l’émission par ici : http://bazzotv.telequebec.tv/emission.aspx?id=88

    J’aimerais aussi préciser ma pensée, ou ma question. Je ne crois pas justement que le rôle des artistes soit de donner dans l’éditorial à toutes les sauces, et surtout pas dans leurs oeuvres. C’est bien personnel, mais j’avouerais que ça me fatigue justement ce genre d’art éditorial.

    Quand je questionne le rôle des artistes, je pense à une sorte d’inspiration, j’entrevois leur travail comme un vecteur d’imaginaire, une manière de voir la réalité, de l’imaginer tel qu’elle n’est pas, telle qu’elle pourrait être… Bref, je ne vois pas ça dans le concret de la prise de position au sens strict. Peut-être comme des jardiniers du rêve même si en disant cela, j’ai l’impression de dire la chose la plus kétaine que je n’ai jamais dite…

    Je manque de mots pour l’heure afin de bien exprimer cette idée, mais bon… ;-)

    Le nombre importe peu, mais il faut bien accepter qu’à l’époque de la révolution tranquille, on parle de plusieurs dizaines, musiciens, poètes, acteurs, chansonniers, cinéastes, peintres… Il y avait là un certaine fondation d’inspiration pour toute la société que je ne retrouve plus aujourd’hui, ou en tout cas, pas encore…

    @+

    S.

  2. Martin Petit dit :

    salut Simon !

    On dit la même chose je crois, à force de nous préciser, quand je dis 4 ou 5, je veux dire 4 ou 5 capables de faire ce travail en amont de démêlage. Je ne crois pas la majorité capable d’être large comme un Godin. Au fond je dis que ça en prend peu, moins qu’on pense, mais ça en prend des forts, des solides. Solides j’imagine de la force de ceux qui les supportent.

    Le défi c’est de créer des liens qui seront plus forts dans le temps que les intérêts industrieux qui nous tiennent éloigné.

    On pose un diagnostic qui se ressemble en tout cas docteur ;-)

  3. McComber dit :

    Bonjour Martin,

    J’aime ton opinion sur ce sujet, mais à mon avis, c’est un peu triste de comparer monsieur Parizeau à ce salopard de Winston Churchill, ce caniche des pétrolières. J’aime la plume du mec et le sens de la répartie dont il faisait preuve, mais si on doit lui trouver une filiation parmi les politiciens québécois, je propose plutôt Lucien Bouchard.

  4. PARADOXE dit :

    Parizeau croit au travail des artistes pour jouer sur l’emotion…c’est ainsi qu’il resume une idée qui le depasse…
    On doit faire appel a l’emotivité…non pas au bon jugement…car on ne peut rien promettre d’intelligent.
    Faut que ca soit une decision prise sur le feeling…que ca va de soi.
    La souveraineté qui n’est pas articulé autour des avantages et inconvenients…ne signifie rien pour l’electeur moyen…sauf peut-etre une vague idée de mediocrité intellectuelle.

    On ne peut quand meme pas demandé a des Tanguy de partir sur un coup de tete…On dirait une idée des parents. ;)

  5. Kim Thériault dit :

    Salut Martin!

    Je m’ennuie de des « posts » fréquents… dois-je me contenter de Twitter?

    Dervai-je me résoudre à enlever ton blogue de mes favoris???

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