Pour donner suite à l’article précédent sur le combat entre une vision de la culture qui élève versus une culture qui rabaisse, il y a la notion de courage qui mérite d’être définie.
Premièrement, le courage n’est pas une vertu. Si la bravoure n’est pas mis au service d’une cause qui est juste, ce n’est pas du courage.
C’est la distinction la plus importante.
Quand tout est pareil, quand on ne voit plus la différence entre l’artiste et la vedette, de l’info ou du divertissement, du jeu et de l’art, la personnalité de l’animateur, l’intervieweur ou le journaliste, et surtout entre un participant de télé-réalité et un créateur, on gomme toutes formes de distinctions culturelles. La récente expression « fournisseur de contenu » est le bon exemple du nouveau chapeau sous lequel on a placé tout le monde du milieu culturel. En étant tous des fournisseurs de contenus, les artistes et les pitounes ignorantes sont dans le même camion en direction de l’abattoir à cotes d’écoute.
Et je répète que si on en est là, à devoir redéfinir ce qui est la base du travail artistique, c’est à dire de nous aider à comprendre la vie à travers un art, au lieu de s’en servir pour entretenir un flou boueux qui sert à encore vendre de la bouette, c’est notre faute, nous les artistes avant tout. C’est notre rôle de mettre du sens aux choses quand on constate que le sens commun dérape. Un rôle qui commande du courage.
Confucius disait à ce sujet : « Comprendre ce qui est juste et ne pas le faire, démontre l’absence de courage ».
Ça peut être très délicat de naviguer avec nos opinions dans le petit milieu de la culture québécoise et de garder le cap sur ce qu’on considère comme étant juste ou non. Mais le courage ce n’est pas de choisir la facilité…
Bonne rentrée culturelle à tous
)
et je souligne Richard Therrien qui abonde dans le même sens ici
et David Desjardins très sympathique cycliste qui gère les érotomanes du Voir Québec à lire
Dans mon temps – je n’aime pas tellement cette expression, mais elle est pertinente à mon commentaire – lorsque nous parlions culture, nous pensions Zola, Maupassant ou Flaubert, Picasso, Le Corbusier de même qu’Anne Hébert, Michel Tremblay, le théâtre du Nouveau-Monde ou la Compagnie Jean Duceppe – j’en passe et de beaucoup.
Aujourd’hui, si vous n’avez pas regardé les émissions dites ‘télé réalité’ on vous regarde comme si vous veniez d’une autre planète. Comme vous le dites dans votre billet, les artistes – les vrais – sont à la même enseigne dans les médias écrits, parlés et regardés que les candidats des dites réalités. Ils seront bientôt peut-être dans le Bottin des artistes ?
Heureusement, que la majorité de nous pouvons faire la différence et Dieu merci ! pour des artistes comme vous et plusieurs autres qu’ils soient humoristes, comédiens, musiciens, auteurs-compositeurs, écrivains, etc. Merci !
Marjo
Ce qu’il faut admettre c’est que les choses changent. Arrêtons de dire que tout est du pareil au même, c’est dangereux d’aplanir tout, on s’enleve le droit de réagir.
En effet Martin, tout change.
Ce que j’aplannis, c’est l’idée d’évolution. C’est-à-dire qu’on est pas pire ou mieux qu’avant. Tout change. D’un côté vers l’autre… Un peu comme un couple qui s’dispute le gros bout de la couverte.
Ex :
- Forcer les travailleurs à faire des heures attroces n’est plus toléré comme à l’ère de la révolution industrielle (au Québec du moins…) Mais de nos jour, l’overtime est glorifié.
On éduquait les enfants à coup de claques et on respectait les aînés. Aujourd’hui la fessée est interdite, on a les enfants rois et les hospices sont insalubres (encore là… c’est ce que les médias en disent… sont-ils tous si pire, j’sais pas… pas encore du moins)
Le balancier s’amuse constamment de gauche à droite depuis le début des temps. On améliore un aspect pour en bousiller un autre…
C’est pourquoi il faut crier. Se plaindre. Accepter tout en reviendrait à refuser de vivre… La vie est une pulsation. Dans les veines et dans notre culture!
On a découvert le silex et on a créé des outils pour améliorer notre sort. Ce n’est pas d’hier qu’on veut changer le monde. Et c’est pas aujourd’hui qu’il faut s’arrêter! Même si au final le bilan n’est pas mieux qu’avant.
P.S. Très drôle ton vidéo. Je commence mon certificat en pub lundi. T’as de la corde à me prêter? Soyeuse de préférence. En pub, on est un peu princesse sur les bords.
Wow ! Que ça fait du bien de lire de billet. Ce flou boueux n’est malheureusement pas présent que dans le domaine artistique. On le retrouve dans toutes les sphères de notre société.
Ta citation de Confucius est en plein dans le mille. Ma conclusion est que les gens, qui en sont capables, sont maintenant soit trop pressés ou trop fatigués pour être courageux.
Faudrait peut-être prescrire un été complet à »écouter le vent » à notre société.
ha ! Jordan, toujours très juste comme ajouts à ma mince croûte de pizza philo !
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