Nouveauté : le catastrophomètre

Ma nouvelle invention pour donner une nouvelle mesure de qui vous êtes, d’où vous venez et où vous allez dans la vie.

Le catastrophomètre utilise les informations suivantes:

Où étiez vous le jour de la tuerie de la polytechnique? : décrivez en peu de mots, votre situation sociale à ce moment.

Où étiez vous le 11 septembre 2001? : même description rapide de votre situation sociale.

Aujourd’hui: où en êtes vous?

Ex:

Polytechnique : Étudiant UQAM certificat en littérature jeunesse, pauvre, célibataire, habite chez ses parents, chevelure abondante. État d’esprit : perdu et angoissé face à l’avenir, régulier du St-Sulpice.

11 septembre: Humoriste, divorcé, classe moyenne avec hypothèque, banlieue, cheveux rares et teint blond. État d’esprit : inquiété par les dérives du capitalisme sauvage et adepte de méditation. Fonde le cabaret des auteurs du dimanche.

Aujourd’hui: Humoriste-apprenti scénariste , fiancé, 2 enfants, classe moyenne sans hypothèque, banlieue, chevelure en déroute, barbe poivre et sel. État d’esprit: peu fier de ce que le Québec/Canada devient mais croit à l’avenir à cause de ses enfants, dors peu ou pas.

à vous…

* lire les commentaires absolument.  C’est comme dans un vrai party…le fun est dans la cuisine…et gare aux yeux il y a des oignons.

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144 réponses à “Nouveauté : le catastrophomètre”

  1. Marie dit :

    Polythechnique : J’ai 22 ans. Je me cherche. Études en informatique, en archéologie suivies d’une pause cet automne-là. J’ai décidé d’aller faire un autre bacc en communications à partir de janvier, cette fois-ci c’est la bonne. Je chercher aussi l’homme de ma vie, je suis en amour avec l’amour, c’est épuisant. Je reviens d’un voyage en Grèce cet été-là. J’adore voyager et je veux parcourir le monde. Étrangement peu de souvenir de cette soirée. Je me rappelle d’un reportage où le journaliste interroge les filles en génie de l’Université Laval, je reconnais une de mes anciennes collègues du secondaire.
    11 septembre 2001 : J’ai 34 ans. Il fait chaud, j’ai accouché il y a presqu’un mois d’un adorable bébé. J’allaite aux deux heures, je suis dans les vap et je flotte dans le bonheur. Contente d’être en congé de maternité pour fuir mon travail en communication que j’hais profondément, ce n’était finalement pas le bon choix. Pas voyagé depuis 10 ans, fallait payer le prêt étudiant après autant d’études. Une amie m’appelle en panique vers 9h30, je n’y comprends rien, la télé était fermée et j’étais surement en train d’allaiter.
    Aujourd’hui : ma plus jeune rentre à l’école l’an prochain. Je ne me cherche plus, je crois finalement avoir trouvé le métier qu’il me fallait, et je ne cherche plus l’homme de ma vie, il est bien là tous les matins dans mon lit. J’espère toujours faire le tour du monde, mais avec mes deux enfants et leur père. Je suis heureuse mais je m’ennuie des grands-mères que mes enfants n’ont jamais connues, chienne de vie.

  2. Louis Lay dit :

    Polytechnique : 9 ans, habillé en fluo avec un chandail » Vuarnet» , shoe-claque, polar, 4e année dans le cours de M. Gélinas qui faisait plus de fautes de français que les auteurs de » La Chicane»  et de » Noir Silence»  réunis. Sur l’heure du midi on apprend la nouvelle. État d’esprit : j’ai une game de drapeau à gagner à la récréation.

    11 septembre: 20 ans, pouilleu, habit brun acheté au » Village des Valeurs» , air négligé, passe le 3/4 de son pauvre revenu dans la boisson, étudiant à l’UdM, dans un cours de commerce international, des fils à papa qui possèdent un laptop pour jouer au solitaire pendant les cours nous informent au retour de la pause qu’un avion vient de percuter le WTC. Le prof ne termine pas son cour, je vais chez moi avec un gars du cours fumer des gros joints en regardant le 2e avion rentrer dans la tour qui reste. État d’esprit : bof

    Aujourd’hui: Fonctionnaire, célibataire courailleux, classe moyenne, cuisse légère, campagne, cheveux court, mais l’achat d’une tondeuse m’évite de fréquenter les coiffeuses. État d’esprit: le temps des fêtes sera aussi lamentable que les années précédentes, surtout depuis que je sais que le Père Noel n’existe pas.

  3. Carl dit :

    1989 : J’ai 12 ans. C’est drôle, mais je viens de demander à mon père où j’étais et il ne s’en rappelle pas. Je n’ai pas de souvenirs non plus. Je suis en secondaire un en tout cas ça j’en ai la certitude et ça ne se passe pas super bien. Déjà que le primaire ne fût pas de tout repos, passé dans la grande école secondaire va être encore plus difficile.

    2001 : J’ai quitté Trois-Rivières pour Québec depuis deux ans. Je regarde maintenant l’option de quitter Québec pour Montréal et j’ai réussi à obtenir une entrevue chez Astral le 11 septembre 2001. Quand le premier avion frappe, nous sommes dans une croissanterie sur Ste-Catherine Ouest en train de manger avant mon entrevue qui est à 11h00.

    Quand j’entre aux Chaînes Astral, je vois tous les téléviseurs braqués sur CNN. Je comprends ainsi l’importance de la situation. C’est terrible de voir ce qui arrive et j’appréhende le drame qui risque de se produire. Drame qui se produisit avec encore plus d’ampleur que mes plus grandes peurs.

    Durant les jours et les semaines qui suivirent, je consomme des tonnes et des tonnes d’information sur Internet et dans les médias. C’est le début de ma boulimie d’information qui est encore présente aujourd’hui.

    2009-2010 : En amour, vraiment! Comme le disait si bien Patrick Dion dans son texte sur son blogue, j’essaie d’éviter les pièges de la vie et de me concentrer sur mon bonheur et sur l’équilibre entre la famille et le boulot. Ce qui est ironique c’est qu’en 1990 à peine quelques mois après les événements de la polytechnique, j’ai rencontré une fille extraordinaire qui ne voulait pas de moi autrement qu’en ami. En 2009, cette fille-là partage ma vie et est au centre de ce projet de futur sur lequel je travaille.

    La roue de la vie tourne souvent, certaines personnes que tu aimes et apprécies quittent ta vie pour mieux revenir. C’est ce qui m’est arrivé. Jamais je ne serai en mesure de remercier la vie comme j’en aurais envie.

    Les commentaires ici sont très touchants. Meilleures chances à Garamond qui est un de mes lecteurs et que je remercie de ses passages chez nous!

  4. Véronique dit :

    Polytechnique
    J’avais 7 ans, j’étais en 2e année du primaire. Pas de fluo, mais du « lipsynch»  sur du Paula Abdul. Comme quoi les lipdubs n’ont rien inventé, on en écoutait au Club des 100 Watts! Mes parents allaient divorcer – ou ça venait juste d’arriver? Pour moi, ce drame est arrivé 4 ans plus tard, alors que j’en prenais connaissance. N’empêche, la douleur a été la même, je crois.

    11 septembre 2001
    Au moment de la tragédie, j’étais assise dans mon 2e cours en études politiques appliquées à l’Université de Sherbrooke; Sami Aoun donnait l’introduction de son cours sur… l’actualité politique internationale, je crois. Paradoxe. Sortie de cours, c’était sur toutes les lèvres. Je me suis ruée chez moi pour écouter trois chaînes de nouvelles en même temps, en boucle, toute la nuit. Je ne connaissais personne qui y ait péri. N’empêche, la douleur a été la même, je crois.

    Aujourd’hui
    Mariée, je rêve de fonder une famille. Militante, je travaille pour que le pays du Québec soit enfin reconnu. Citoyenne, je continue d’avoir confiance en l’intelligence collective et en nos institutions. Fille, brue, soeur, demi-soeur, cousine, tante, marraine et amie, je suis fière que nous ayons des choix à faire chaque jour: es choix déchirants, des choix faciles, des choix de vie, des petites plaisirs. Des choix qui confirment que notre société a évolué!
    Aujourd’hui, plus que jamais, je garde espoir en l’avenir qui est tout à bâtir et dont la relève est architecte. N’empêche, devant les abus et le cynisme, la douleur est la même, je crois.

  5. Félix D.Petit dit :

    6 décembre ‘89: Ma Mère est enceinte de huit mois. Dans son Ventre, je suis loin de me soucier de ce qui se passe à l’extérieur.

    11 septembre ‘01: J’entame tout juste la dernière année du primaire. Jeune homme enjoué et rieur, candide et dont l’esprit n’est occupé que par Star Wars, Harry Potter, les jeunes filles aux seins naissants et l’écriture d’histoires de science-fiction. Je suis le petit comique de ma classe, toujours quelque chose à répliquer au professeur. Ce matin-là par-contre, je n’ai rien à lui répliquer lorsqu’elle nous annonce en matinée, avec tout le sérieux et la délicatesse qu’on use afin d’expliquer les grandes choses aux petits enfants, la tragédie qui se déroule dans la ville à laquelle je rêve à cet âge d’y être policier comme dans les films américains. Plus tard, un camarade de classe osa comparer le drame à une scène de jeu vidéo. La professeure resta consterné par la naïveté d’une telle remarque; elle en fera état lors de la réunion parentale de début d’année. La vérité c’est qu’on a sûrement tous pensé la même chose que lui, nous, les enfants d’une génération constamment exposée à la fiction virtuelle. La réalité avait des allures de jeu vidéo et c’est bien le pire.. Je me souviens aussi d’un discour de George W. Bush sur ses intentions de mener la guerre qui me terrorisa au point d’en avoir mal au ventre et de ne pas dormir de la nuit. À partir de cet instant, une inquiétude constante qui durera longtemps pendant mon adolescence se terrera entre Star Wars et Harry Potter.

    Aujourd’hui: J’ai dix-neuf ans, presque vingt, et je complète tout juste des traitements de chimiothérapie dans le but d’éliminer un cancer. Mon adolescence fût une longue période durant laquelle je fus totalement effacé, effrayé par l’opinion d’autrui et hypocondriaque par-dessus le marché(anormal pour cet âge-là). Maintenant, c’est tout le contraire; j’affirme mes idées et mes goûts, j’ai un millier de proches, d’amis qui me supportent, j’aime la vie et toute sa poésie, j’arrive à mieux la saisir, j’étudie le cinéma, je lis beaucoup, je suis curieux et friand de nouveauté. J’apporte une joie de vivre contagieuse aux gens qui m’entourent et je constate que tout le monde ne mesure pas le malheur et la tristesse de la même façon. C’est avec le recul que j’observe les répercussions importantes de ces deux terribles catastrophes. Par-dessus tout, j’aime ma Mère, à qui je dois la vie et probablement la survie. Et aussi, j’attend toujours de trouver la fille de mes rêves parmi toutes celles que je croise, toutes aussi magnifiques et éclatantes les unes que les autres.

  6. Charles dit :

    Je suis sûrement pas le seul dans ce cas-là (je n’ai pas pris le temps de lire tous les commentaires (seulement une partie)).

    Le 6 décembre 1989, j’étais en voyage à New York avec mes parents, j’avais 7 ans. J’me rappelle à peu près seulement le gros arbre de Noël devant RockeFeller Center (je ne savais pas que c’était ça à ce moment).

    Le 11 septembre 2001, j’en étais à ma deuxième semaine à l’école Polytechnique. Je me rappelle regarder les reportages toute la journée en résidence.

    Aujourd’hui, je vis exactement la vie rangée que je croyais vivre en ayant jamais réfléchi au fait que j’étais exactement à l’endroit opposé à chacune de ces catastrophes.

  7. Amé dit :

    Polytechnique:
    J’ai 9 ans, presque 10. Je vois à la télé ce qui s’est passé. J’ai des questions plein la tête. Mais je ne les pose pas, ma mère, pas-encore-officiellement-monoparentale-mais-ça-s’en-vient, est trop occupée pour que je la dérange avec ça. Le lendemain, à l’école, j’apprends dans la cour d’école que l’amie de la fille d’une enseignante est morte dans cette tragédie. Je me questionne encore plus. La mort n’a pas encore croisé ma route, je ne la saisis pas. Je finis par questionner ma mère. Et elle m’explique. Et me parle d’égalité des sexes et de femmes qui payent injustement de leur vie. Et dans ma tête, je suis devenue féministe. Bon, pas dans ces mots-là à ce moment-là… je n’ai pas encore lu Beauvoir ni tout ce que je lirai plus tard, mais depuis quelques jours, je lis en cachette Jamais sans ma fille. Ma mère l’a emprunté à la bibliothèque mais m’a interdit de le lire. Je suis docile, mais pas pour les livres. Je me rappelle très bien avoir comparé les deux situations et m’être dit que c’était injuste qu’une femme meurt ou soit maltraitée parce qu’elle était une femme. Après cette discussion, j’ai probablement lu en soupant pendant que me mère me disait de lâcher mon livre et d’aller ensuite ranger ma chambre… ce que j’ai probablement fait en lisant et en poussant mes choses sous le lit. Et je me suis probablement endormie en écoutant ma cassette de New Kids on the Block dans mon gros walkman jaune fake.

    11 septembre:
    J’étudie à l’UQAM où j’entame la troisième année de mon baccalauréat en enseignement. Je travaille dans une épicerie pour payer mes études et je date Étienne, un comptable tatoué de partout et très versé dans le heavy metal. Rien de sérieux, on regarde des films et on baise dans son immense 6 1/2 à peine meublé. J’habite toujours chez ma mère, mais je viens de m’installer plutôt confortablement au sous-sol : semblant d’autonomie. Je lis les existentialistes, les féministes et les beatniks et j’écoute mes cd de vieux chanteurs français sur mon discman. Mon moral n’est pas très fort. Je combats une dépression «post-suicide de mon frère» que j’ignore de toutes mes forces. Ce jour-là, je suis assise dans mon cours d’histoire des États-Unis donné par Donald Cuccioletta qui, depuis deux semaines, nous répète que si les États-Unis ne changent pas certaines de leurs politiques étrangères bientôt, ils devront s’attendre à des attaques terroristes. On a à peine commencé le cours. Quelqu’un arrive en retard et annonce la nouvelle. On ne sait pas trop ce qui se passe. On poursuit un peu le cours et on finit par aller regarder la télé au Grimoire. On voit les tours s’écraser. Je n’oublierai jamais cette journée ni le soulagement sur le visage de ma mère – qui paniquait depuis l’avant-midi et n’arrivait pas à me joindre sur mon cellulaire – lorsque je suis rentrée ce soir-là.

    Aujourd’hui:
    J’ai 29 ans, presque 30. Je suis toujours aux études, je travaille comme une malade, je procrastine à souhait, je bois trop de café et je partage un appartement avec un ami. Je serai éventuellement une candidate au post-graduate syndrome, je sais. Je lis surtout des articles scientifiques, un peu de poésie – jamais abandonné mes beatniks – et tout ce qui me tombe sous la main, mais je suis difficile. J’ai commencé à lire des livres électroniques – agréables dans les transports. J’achète ma musique au gré de mes humeurs directement sur internet et l’écoute sur mon iPhone ou mon MacBook Pro allumé en permanence. J’ai des projets plein la tête: je pars pour l’Afrique dans quelques semaines. Pour la deuxième fois. Je pense souvent aux recherches que j’ai envie de faire quand j’aurai un papier qui me dira que je qualifiée pour en faire par moi-même. Célibataire sans enfant et presque sans horaire, je cherche ma place dans un groupe d’amis de plus en plus casés, installés, hypothéqués et reproduits. Je sais ce que je voudrais comme vie dans ma tête, mais je suis encore en définition… et ça fait un peu paniquer ma mère. Mais bon, ce n’est pas nouveau.

  8. AlainD dit :

    Poly… J’ai 27 ans, ben chanceux et assez heureux…j’suis sur la route, je viens de finir ma journée de travail… Syndicaliste jusqu’au bout des doigts je négocie une convention collective pour une shop de filles… c’est toffe… et soudain je deviens féministe… ha oui ! je m’inquiète aussi pour mon cousin qui est sur place…

    11/09 : Marié depuis 10 ans, 2 belles filles à l’école, une blonde un peu artiste… une job que je déteste et un boss que j’hayiiiii encore plus ! Pour une des rares fois, je décide de rester à la maison et je m’invente un mal quelconque (c’est pas le choix qui manque)… fait beau, je prends mon café et j’ouvre la télé… RDI la catastrophe, en direct. J’étais à New-York, là, au WTC, quelques jours auparavant… j’ai peur, à rebours, pour ma blonde, mes filles, pour moi aussi … je vais les chercher à l’école en fin de journée et je les colle jusqu’à ce qu’elles n’en puissent plus…

    Maintenant : 47 ans, toujours marié, mes deux filles sont belles, intelligentes, ambitieuses et la vie leur appartient… Nouvelle job, j’peux pas croire que j’suis devenu boss (?!?), la vie est belle et je suis toujours aussi chanceux et de nouveau assez heureux…

  9. isa dit :

    Poly: Je suis en secondaire 5. Je me fout pas mal de ma famille. Je pense que je suis la seule de «correcte». Je me souviens d’avoir vu ça à tivi: pas mal de désorganisation, on ne savait pas vraiment ce qui se passait. Mais le lendemain dans ma grosse école de 2000 élèves, une minute de silence scrupuleusement respectée. Même par les plus morons.

    9-11: Nous étions en classe (je suis prof). On se garrochait à tour de rôle pour suivre ça sur Internet dans la salle des profs. On l’a caché aux élèves toute la journée (on est à la campagne) afin de se faire un plan de match. Je me souviens d’avoir été soulagée de ne pas avoir à mon horaire, la première période du lendemain. Le soir, scotchée devant la télé, au téléphone avec une amie. Silencieuses. Avec mon amoureux, on a longuement fait l’amour à son retour. Devant la télé allumée. En silence, toujours. Et le silence en famille aussi, je m’en sacrais pas mal.

    Toujours avec le même amoureux (15 ans quand même), toujours prof. Enfin mère après plusieurs détours. Mon fils a 4 ans. Mes élèves 15. Je me fous pas mal moins de ma famille depuis que j’en ai une à moi. Y’a comme des choses qui prennent finalement de l’importance.

  10. Lavoie dit :

    Poly: je suis en 1ère année à l’Université, j’étudie en droit. Je suis renversée par cette nouvelle… je me sens vulnérable comme femme, comme étudiante. Mais j’ai davantage de crainte pour mes amies qui étudient en sciences ou en génie, puisqu’elles ont choisi un domaine plus traditionnellement » masculin» .

    11/09: je suis avocate et j’aime mon travail. Je suis en couple depuis longtemps et mère depuis peu. Je suis très heureuse de la vie et dans ma vie. Devant la tragédie, j’ai honte des humains! Je suis découragée de la bêtise humaine et de ce monde dans lequel j’ai donnée naissance à mon enfant. J’ai peur pour ma fille et les autres enfants que nous rêvons d’avoir. Est-ce le début de la 3ième guerre mondiale. J’ai peur pendant plusieurs jours, je suis inquiète.

    Maintenant: Exit la honte et la peur. J’arrive à 40 ans, je suis toujours en couple et j’ai 3 magnifiques filles. J’ai confiance en la vie! Je me sens forte, capable d’enseigner les bonnes valeurs à mes enfants puisque tout commence là, avec l’enfance! Depuis quelques temps, je sens vivre en moi la graine du féminisme qui sommeillait depuis trop longtemps. Je n’ai plus peur de rien, je crois en moi! Tout est possible!

  11. Lily dit :

    1989 – J’ai 8 ans, je reviens d’un séjour d’un an en Ontario. Un peu perdue dans les événements, que je comprends à peine, je n’en réalise pas l’ampleur.

    2001 – J’ai 20 ans, jeune étudiante en radio télévision. Entre deux bouts d’enregistrements, je vois les événements à la télé avec mes confrères de classe…un espèce de sentiment d’insécurité, de révolte naît. Il ne me quittera jamais vraiment par la suite. On a passé des heures, serrés dans une classe à suivre le cours des événements, en essayant d’y comprendre quelque chose.

    Maintenant – J’ai 28 ans, je ne sais plus si mon métier me plait mais je continue. Je suis flabberghastée de jour en jour à voir la grande ignorance des gens sur ce qui les entoure. Je continue, semi-optimiste en me disant qu’un jour, ce sera mieux. Enfin, je l’espère!

  12. Marie-S. dit :

    Poly: J’ai 10 ans. Je ne me souviens pas où j’étais quand je l’ai appris. Le lendemain, à l’école, un garçon de ma classe est entré dans notre local en mimant une carabine dans ses mains. // J’ai les dents croches, les cheveux dépeignés et je n’ai pas beaucoup d’amis. Situation financière: mon père fait beaucoup d’argent.

    11 septembre 2001: J’ai 20 ans. Je suis à l’université. En entrant dans le cours, le prof nous apprend qu’il se passe quelque chose à New York. Pendant tout le long du cours, je tente de me connecter sur CNN pour savoir ce qui se passe, mais le site est planté. // Je baise à gauche à droite, je fais confiance au futur, j’adore ma vie d’étudiante, j’aime mes amis, je suis locataire, j’ai une job de marde mais ma vie est assez remplie pour que je sois heureuse. Situation financière: précaire

    Maintenant: 29 ans et célibataire. Je ne baise pas souvent, je n’ai pas confiance en la vie, j’ai peur de ne jamais avoir d’enfants, je suis encore locataire (j’en ai presque honte), je ne sors pas souvent et je ne suis pas très heureuse. Situation financière: très moyenne pour quelqu’un qui a un baccalauréat.

  13. Djo dit :

    1989 : il est 18 h, je suis à la maison mais je booke un «screen test» pour le lendemain soir. Un film de féministes. Mon public-cible sonne occupé et je ne peux recevoir d’appel puisque je suis au téléphone. La télé et la radio sont éteintes, je n’ai que la petite lampe sur mon bureau, d’allumée, dans cet appart de la rue Mentana. Je finis par tomber sur une, qui crie dans le téléphone et raccroche. J’en appelle une autre, qui pleure. Je ne comprends rien. J’en appelle une autre qui finit par me dire ce qui se passe. Je fixe ma petite lampe allumée.

    2001 : dans la Petite Italie, en congé, avec un bébé de 13 mois. Mon chum m’appelle et me dit d’ouvrir RDI, qu’un avion vient de frapper une des Twin. J’ai mon bébé sur les genoux et je vois en direct la deuxième tour être percutée. Je serre les les mollets de mon bébé, en couches. Mon meilleur ami est sous une des tours.

  14. Djo dit :

    Maintenant : je suis assise à mon bureau en train d’écrire ceci, par une nuit d’insomnie. Je fixe ma petite lampe allumée et mon meilleur ami s’en est sorti.

  15. Polytechnique: J’ai seulement 2 ans, aucuns souvenir! Coupe champignon, suce piqué à mon frère dans la bouche, l’insouciance de la vie…

    11 sept. 2001: Secondaire, grassouillait et bouttonneux, des broches plein la bouche… j’ai trop longtemps volé la suce à mes petits frères! En cours de français 2e période, l’intercom annonce qu’il y a un avion entré en collision avec une des 2 tours jumelles, les élèves sont conviés à une minute de silence! 30 sec plus tard, en jeune nouvellement pubère que nous sommes, on recommence à niaiser, la terre n’a pas cessé de tourné faut croire…

    Aujourd’hui: La vie, à 22 ans, m’amène à vivre dans le nord de l’Ontario pour faire mes premières armes en tant qu’animateur de radio, je vise très haut pour le futur. Je dois faire 1200km en char pour voir ma famille et les gens que j’aime dans mon Lac-St-Jean natale, le temps des fêtes me donne le cafard… J’ai au moins la chance d’avoir trouvé une fille bien pour me soutenir. La vie est toujours devant moi, par contre l’insoucience n’en fait plus autant partie, dommage…

  16. Maame Chose dit :

    Poly : Étudiante à l’université de Montréal, travailleuse à temps partiel chez MasterCard. Mon frère était dans la classe où Lépine est entré, sa blonde de l’époque a été blessée à l’épaule. Souvenir le plus percutant : quand mon frère est arrivé le soir avec les souliers de sa blonde qui avait erré parmi les victimes avant l’arrivée des secours – comme si elle avait marché dans la bouette mais de la bouette rouge. Avec des mottons roses.

    11 sept. 2001 : Dernière journée d’une job que je ne pouvais plus supporter! L’innocente du bureau qui arrive et nous dit qu’il y avait eu un accident d’avion grave à New-York, peut-être terroriste. Personne ne l’a crue mais en vérifiant sur Internet, on était toutes bouche bée. Le soir, je n’ai pas voulu prendre le métro toute seule.

    Maintenant : 40 ans. Une magnifique fille de 2 ans qui fait ma joie et ma fierté. Au lendemain d’une rupture avec quelqu’un qui aurait pu me rendre heureuse. Nouveau travail en 2010… après 20 ans avec le même employeur. En forme de corps et l’esprit vif. Un peu blessée par l’amour mais encore pleine d’espoir de trouver Mr Right.

  17. Nicole dit :

    Poly: J’ai 40 ans. Directrice d’école au secondaire. Un job de 60 hres/semaine que j’adore. Célibataire, je vis depuis toujours en colocation avec ma chum d’enfance, directrice d’école aussi. En 78′, écoeurées de déménager, de vivre sur des caisses d’orange avec des biblios planches et briques, on a décidé d’acheter une grande maison se disant qu’on ne perd jamais avec l’immobilier. Les caisses Desjardins ont refusé de nous prêter parce qu’on était deux femmes et non un couple. Ils exigeaient que l’une de nous seulement soit responsable de l’hypothèque comme dans un « couple» . C’est Clément Gignac (alors moins connu) qui nous a consenti une hypothèque. En 89′ la maison était payée…

    Sur le plan professionnel, toutes les deux on nous a laissé entendre (même employeur) qu’on ne pouvait espérer « monter plus haut»  malgré nos diplômes, nos succès et notre implication parce que deux femmes qui vivent ensemble sont forcément lesbiennes. Nos amants (avec un « s» ) étaient forcément un cover up…

    Horrifiée mais pas surprise par les événements de Poly…

    11 sept 2001: Encore directrice d’école, en couple depuis 1992 , famille recomposée (deux gars). La maison achetée en 76′ a été vendue quatre fois le prix et nous permet de bien vivre. J’ai pu aider mon mar qui a vécu un divorce coûteux. Avec les deux « juniors» , c’est le bonheur.!

    Mon père à la retraite, branché sur l’actualité, m’appelle au bureau aux demi-heures pour me tenir informée des événements. Je parle rarement au téléphone avec mon père…Quand j’appelle à la maison, il me répond « Je te passe ta mère!» . Il semble tellement heureux d,avoir quelque chose à me dire…Le début d’une complicité qui s’est poursuivie par la suite jusqu’à sa mort.

    Horrifiée par les événements. La fin de l’immunité américaine…et ils sont si proches! La fin de la sécurité du « pas dans ma cour» . C’est peut-être un aspect de la mondialisation…Je commence à m’intéresser de plus près à la politique internationale.

    Aujourd’hui, retraitée, je cherche quoi faire de ma vie. Les gars ont quitté le nid (officiellement) puisque l’aîné vit temporairement à la maison de retour d’une année sabbatique en Europe. Je pense qu’il retournera en Europe à Noël demander en mariage sa copine Russe résidant en Allemagne , espérant que le bypass de réunification des familles fonctionne vraiment. Papa-poule est inquiet….

    Ma belle-soeur est en amour avec un Tunisien et pense faire de même. Mon neveu est marié et vit en Equateur après une tentative d’enracinement (ratée) de sa femme au Québec.

    La mondialisation dans ma maison…Mes petits-enfants parleront-ils la même langue que moi?

  18. Isabelle dit :

    1989: J’ai 12 ans et fréquente une école pour filles à Chicoutimi. Le mariage de mes parents commence à déraper : je ne le sais pas encore, mais les 3 années seront un enfer. J’apprends la nouvelle à la télé et me souviens de ma mère muette de stupeur : je ne saisis pas tout, mais les choses se mettent en place pour faire de moi la féministe que je suis devenue.

    2001 : Au retour d’un voyage, je me suis installée à Québec et occupe une job plate dans un ministère. Je songe à entreprendre une maîtrise en Études Féministes. Une amie me téléphone pour m’annoncer la nouvelle et je passe la journée à regarder soit l’ordinateur, soit la télé dans le salon des employés. Je suis certaine que les choses vont déraper et que la guerre mondiale n’est pas loin, et surtout, qu’elle ne durera pas longtemps…

    2009 : J’ai 32 ans, installée en Outaouais, le dernier endroit au monde où je pensais vivre et rencontrer l’Homme de ma vie. Mariée et enceinte de mon premier enfant (une fille). Occupe ma première « vraie » job dans un centre pour femmes victimes de violence, termine une 2e maîtrise en gestion et ai démarré un blogue avec d’autres jeunes féministes. La plupart du temps, je suis pessimiste et je crois que cette guerre n’est que partie remise et que les choses vont aller de mal en pis, puis mon chum met sa main sur mon ventre rebondi et me dit que je n’ai rien à craindre, que notre fille et sa génération vont tout arranger. Et je me surprend à le croire.

  19. André dit :

    Poly occupe une place importante dans ma vie, ça revient toujours:

    Poly: J’ai 8 ans, je reviens de l’école, je me fais garder par ma gardienne, et je ne comprends pas ce qui se passe. Je comprends qu’il y a des morts, mais je ne « comprends»  pas. 17-18 ans plus tard, j’apprends que je joue au badminton avec un ancien étudiant de Poly qui était dans la classe où le drame s’est en partie déroulé. Mon opinion de lui a changé immédiatement. Jamais il ne s’en est remis. Ça le hante, on le sent, la culpabilité le ronge.

    11 septembre: J’ai 19 ans. Dans la douche, écoute Paul Arcand annoncer qu’un avion est entré en collision avec le WTC, mais ne réalise pas l’ampleur de la catastrophe. Je crois qu’un Cessna se perd ou se suicide dans la tour. L’entrevue d’Arcand prend rapidement le bord. Sors de la douche, va voir CNN et RDI, je dis à mon père qui travaille dans les placements que je crois que ça peut peut-être l’intéresser. Il monte du sous-sol où se trouve son bureau et est témoin avec moi du 2e avion qui entre dans la 2e tour. Au début, on pense à une bombe et l’angle de vue suggère que ça provient de la même tour initialement frappée. On verra la reprise quelques minutes plus tard… là on réalise ce qu’il se passe. Je vais prendre ensuite l’autobus vers le CEGEP où une professeure nous parlera des tours qui sont tombées. Personne ne la croit vraiment, moi comprit même si j’ai vu en direct les écrasements. À mon retour à la maison, j’apprends l’existence des deux autres avions.

    L’année suivante, j’entre à Poly en génie. Première semaine, un cours dans LA classe. Seules les chaises bleues, plutôt que rouges, nous rappellent l’évènement. À part les commémorations tous les 6 décembre, rien ne laisse transparaître ce qui s’est passé il y a 13 ans.

    Aujourd’hui: J’ai 28 ans. Grâce à mes études à Poly, j’ai un salaire plus que décent, qui me permettra de faire vivre une famille qui accueillera, je l’espère, un premier bébé en 2010.

  20. Singe! dit :

    Polytechnique: Petit, gros, sale. Habite chez ses parents. Fait encore caca dans ses culottes. A 5 ans.

    11 septembre: Aucun souvenir clair de l’événement: étudiant au cégep.

    Aujourd’hui: En couple, bon emploi, deux enfants, maison banlieue, un chien con. Regrette les catastrophes.

  21. Roxanne dit :

    Polytechnique (1989) : J’avais 5 ans. Insouciante et peu intéresser par ce qui se passer dans le monde. Tout ce que je souhaite c’était m’amuser et oublier les chicanes de mes parents. J’en ai plus entendue parler ensuite lors d’une autre fusillade aux États-Unis. Puis, j’ai finalement été voir le film qui est vraiment touchant et troublant. C’est dur que croire que certaines personnes peuvent penser encore comme ça, et ce, même encore en 2009.

    11 septembre 2001 : 16 ans. Secondaire 4. Dans une nouvelle ville vraiment différente d’où je viens (bilingue avec bcp de racisme envers les autochtones). Mes parents finalement séparés depuis 2 ans. J’essaie tant bien que mal de faire ma place dans une nouvelle famille qui ne semble pas vouloir de ma présence. Mes parents étaient absents durant toute mon enfance. J’ai poussé tant bien que mal. Plus bien que mal pour les conditions, mais pas assez docile au gout de la nouvelle blonde de mon père. Je lis des livres sur le mal de l’adolescence et cherche du réconfort ailleurs que dans ma famille. Mon docteur me conseille de voir un psychologue, puis ça fait rire mon père. Les évènements du 11 septembre sont pas mal loin dans ma tête tout ce qui m’a touchée c’est le crie, que je trouvais stupide, d’un étudiant dans un couloir : « C’est la troisième guerre mondiale !» . Je suis passée à la bibliothèque après mes cours comme d’habitude. Je suis rentrée chez moi, j’ai regardé un peu ce que les nouvelles disaient et je suis retourné dans chambre faire autre chose pour ne pas « être dans le décors» .

    Aujourd’hui : Je vais avoir 25 ans en fin de semaine. Toujours étudiante dans un BAC après 3 diplômes (1 collégial et 2 certificats universitaire). Je pense avoir trouvé ce que je veux faire et m’enligne pour une maitrise. Je suis toujours en dessous dans mes finances. J’habite loin de tout ma famille, dans une ville que j’ai lentement adoptée. J’ai rencontré une personne que j’espère être ma famille. Je veux des enfants, mais en même temps j’ai peur de leur léguer notre avenir. J’espère ne pas faire les mêmes erreurs que mes parents avec moi. J’ai cessé d’écouter la télé, de lire les journaux et d’écouter la radio parce que ça me déprime trop de voir les comportements humains. De toute façon, l’information est toujours biaisée par les médias. Je fouine des fois un peu sur le net pour lire différentes opinions ici et là de ce qui se passe et essayer de m’en faire une plus personnel. Puis, j’espère que l’homme change !

  22. Méli dit :

    Polytechnique, il fait froid, j’habite dans une ville éloignée, toute seule pour quelque mois, le temps d’un contrat…j’entre dans mon petit appartement, j’ouvre la télé et je suis estomaquée de voir le drame… Je suis bouleversée, je me sens seule et loin de ma famille… Je suis touchée par ce meurtre mysogine, qui s’est attaqué à de jeune femme, à peine plus jeunes que moi… Chaque année je suis bouleversée par la commémoration…

    2001, je suis au travail, j’entends la nouvelle à Indicatif présent par Marie-France Bazzo… Je suis nouvellement divorcée, je commence ma nouvelle vie de monoparentale avec ma fille que j’aime tant… Je retrouve la sérénité et l’harmonie après un mariage malheureux dans lequel je vivais de la violence psychologique. Je retrouve donc une vie harmonieuse et douce. Je vais en camping la fin de semaine suivante avec un copain, on rigole en écoutant la radio qui ne parle que de ça, on se demande comment ça se peut…

    Aujourd’hui, je suis heureuse de l’équilibre de ma vie : travail, maman, amoureuse dans une relation à distance qui me comble, loisirs : sports et artisanat… Je suis à la fois très autonome et ait une vie affective riche auprès de ma fille, mon chum et ma famille et mes amis (tant virtuels que réels)…

  23. Vanessa dit :

    Polytechnique: Drôle de façon d’avancer pour un bébé, assis sur mon derrière, je me tire en m’appuyant sur mes bras. Selon ma mère, je n’ai jamais marché à quatre pattes comme les autres. Décembre 1986, je fais mes premiers pas.

    11 septembre: Je suis en secondaire trois en concentration sport. J’ai des percings un peu partout, les oreilles « stretchés»  au max et je me promène en pantalon carotté avec une sacoche que j’ai fabriqué avec de vieux morceaux de pyjama.
    Je me rapelle avoir appris la nouvelle après dîner lorsque le grand Mike est arrivé entre deux rangées de casiers en criant la nouvelle.
    À l’heure du souper, tout en mangeant devant la télévision, la discussion ne tourne qu’autour de la tragédie. Je suis alors convaicue que la troisième guerre mondiale est à nos porte!

    Aujourd’hui: Étudiante en deuxième année à l’école Polytechnique de Montréal et très fière de l’être. Pourtant pas très douée pour les sciences, je suis hyper motivée par le défi que je dois relever. Je ne vise rien de moins que des A dans toutes les matières. La semaine juste avant la commémoration des 20 ans de Polytechnique, notre professeur de Perfo nous mentionnait que c’était tout près de notre local de cours que le tueur avait commencé son carnage. J’en ai eu des frissons dans le dos. Ma mère m’a téléphoné pour s’assurer que je ne serais pas à Poly le 6 décembre, un dimanche. Studieuse mais pas à ce point. Je ne sais pas pourquoi mais je n’ai toujours pas osé regarder le film Polytechnique

  24. lisa dit :

    Polytechnique: j’ai 6ans… et je n’ai aucun souvenir… Insouciante.. et surement en train de ce demander à quoi je vais jouer au retour de l’école, et si je vais alelr avec mon amie jouer dans les arbres. J’ai su plus tard ce qui c’Est passé… et je n’ai jamais réussi à comprendre cet acte.. ni tout les autres.. tué du monde… pour tué du monde

    11septembre: 1er année au cégep! Grace à mon cours d’histoire comtemporaine, je trip sur ce qui se passe au USA, sur la 2e guerre mondiale et tout ce qui est écrit sur les futur « krack»  boursier. J’ai apprit à ne pas me fier jsute sur les médias pour m’informer. DOnc quand j’apprend ceci. j’en suis estomaqué… je me demande plein de chose en meem temps, mais mon désir de comprendre le tout ne fait qu’augmenter et j’écoute de plus en plus de documentaire indépendant.
    Je me souviens de ne pas avoir voulu aller travailler en soirée, et de raconté sa à ma mère qui fais la popotte…. et qui m’Écoute

    Maintenant.. 26ans, enceinte, plein de projet, éducatrice, Heureuse. JE continu de m’informer car je crois que c’est important et je pense sincèrement qu’un peuple qui ne sais rien est plus facile à berner… Mais je demeure optimiste face à notre monde.. et je suis sur qu’un jour… onpourra tous vivre ensemble, sans se chicaner sur quelle religion est la meilleure!

  25. Ge dit :

    Polytechnique : 8 ans. J’habite en France avec mes parents et mes deux jeunes frères. Seul événement marquant de cette année-là pour moi, la chute du mur de Berlin. J’apprends les événements de Polytechnique des années plus tard. Je suis alors choquée, enragée et désolée pour Marc Lépine d’avoir vécu avec tant de haine.

    11 septembre: 20 ans. Amoureuse folle dingue mais je sais pertinemment que ça ne durera pas. Il a dix ans de plus. Je me lève en pensant qu’il est 13h00; une panne de courant à déréglé le réveil. J’allume la télé, vois l’avion rentrer dans la première tour. Je change de poste. Mais…Il y a le même film à toutes les chaines? Mais il est 8h00? Je suis complètement perdue! C’est irréel. Une fois le cerveau allumé, je comprends pour la première fois l’ampleur de la détresse et de l’inquiétude des gens qui entrent en guerre. On a le cœur qui débat, des millions de questions, on essaie de comprendre les deux côtés…la haine et la compassion se mélange. Le lendemain, je quitte l’université d’Ottawa pour m’installer à Montréal. On a une vie à vivre. Je veux aller étudier en cinéma.

    Aujourd’hui: Suis allée à Montréal en cinéma et finalement pour y rencontrer l’homme de ma vie. Il a trouvé un emploi à Ottawa… moi qui m’étais promis de ne plus jamais y retourner…Ha! L’amour. J’ai terminé une maîtrise en gestion de projet et travail dans le secteur culturel. J’ai une belle job, un amoureux passionnant, intelligent ce qui compense pour vivre dans une ville ennuyeuse. Et il y a toujours une petite question qui me titille… qu’allons-nous vivre dans la prochaine décennie?
    Rien est immuable. Des événements heureux et malheureux vont se produire et Nous allons changer. Mais comment?

  26. Denis dit :

    Poly: Je termine mon bac en administration à l’UQAM

    9-11: Gestionnaire pour une grosse compagnie. J’adore ma job, mais je fais beaucoup trop d’heures.

    Maintenant: Ça fait 2 ans que j’ai lâché la grosse compagnie pour faire du 9 à 5. Moins de responsabilités. Mon salaire a baissé de moitié. J’adore ça. Des fois, je me sens coupable de m’être « downgradé»  moi-même. Et puis, je me dis « bof» .

  27. Martin dit :

    Poly : Ti-kid de 9 ans dans le fin fond d’un village au Témiscamingue. Pas vraiment de souvenirs de l’événement, à part quelques flashes. Trippe sur les Canadiens, surtout Mats Naslund, et les Legos. Sur le point d’être déraciné et un peu abandonné par des parents qui ont ouvert une épicerie dans un village aux frontières de l’Union Soviétique et de l’Ontario à 90km de là. Encore trop kid pour découvrir la bonne musique, écoute au moins les 8 tracks des Beatles de Papa!

    11-Sept : Étudiant en génie en Abitibi (hein y a une Université là???). Regarde en live l’effondrement des deux tours de ma chambre de résidences que j’occupe avec 2 occupants illégaux : ma blonde et mon chat. Réaction du moment : on est un peu estomaqués, sans savoir trop ce que va être la suite des choses. Le chat s’en fout pas mal. Sinon, feeling de gars ben chanceux d’avoir la vie qu’il a. Commence à débarquer du trip Pink Floyd (un peu) et écoute assez n’importe quoi, sauf ce qui joue à la radio… Un tattoo, pas mal manqué qui va bientôt être camouflé par un autre, pas ben mieux… Pseudo-bassiste, mais pas assez bon pour garder le timing…

    Maintenant : Ch’tin dans une mine au fin fond du Nunavut, même si je m’étais toujours dit que je travaillerais jamais dans l’extraction des ressources naturelles… Célibataire pas vraiment endurci et un peu pas mal effrayé à la fois par l’idée de finir célibataire et de se faire briser le coeur à nouveau, après plusieurs mauvaises expériences. Le chat est plus là non plus, il s’est fait frapper par une auto après avoir subi à peu près 33 déménagements. Ai découvert que j’ai l’âme du voyageur depuis quelques années après un voyage en Allemagne et compte bien au moins profiter du manque d’attaches et de mes compétences d’ingénieur pour faire du chantier à l’international. Rêve plus ou moins secrètement de se caser avec quelqu’une et de peut-être ouvrir un bar au Québec (peut-être à Rimouski ou Sherbrooke ou Yamachiche). Aimerait aussi avoir éventuellement un band, étant donné que j’ai fini par apprendre à jouer comme du monde. Trippe pas mal musique, surtout Karkwa, Marie-Pierre Arthur, Dave Matthews, Killers, etc etc etc… Commence à être pas mal tatoué et percé aussi, le tattoo manqué a encore été corrigé et est écoeurant maintenant! Vit finalement dans le maintenant en souhaitant tout le temps être dans l’ailleurs et plus loin en avant. A hâte que ça soit plus comme ça.

  28. polluxe dit :

    89: Secondaire. Curieusement peu de souvenir de l’événement, que des images médias qui me reviennent en tête, que le souvenir de la dégueulasserie de la chose…

    2001 : Travail chiant dans une compagnie d’assurance directe, dans une tour à bureau du centre ville de Montréal. Mes clients m’expliquent au fur et a mesure ce qui se passe. Panique générale: la rumeur veut que d’autres avions ont ciblés d’autres tours à travers le monde…Évacuation de la place ville-marie, des tours a bureaux élevés autour mais..pas la nôtre!! Pas la tête a travailler!! Le retour a la maison le plus angoissant de ma vie, ou je me suis empressée de serrer sur mon coeur très fort mes 2 petits garcons. Décision d’en avoir un 3e pour quitter cet emploi de merde!!

    Aujourd’Hui : 3 enfants (2 gars…1 fille!), une plus petite maison, un autre emploi comme..infirmière!De plus, étudie encore pour obtenir un 2e bac…. en soisn celui la…Des dettes d’études qui seront réglés à ma retraite mais une vie plus satisfaisante.

  29. Alexandre dit :

    89. J’ai 6 ans. C’est mon premier choc avec le monde. On venait d’avoir la télévision. Tout ce qu’on regardait c’était le téléjournal. Tout d’un coup il y avait la souffrance des autres et les pourquoi sans réponse.
    9/11. J’ai 18 ans dans l’Ouest canadien et je cherche quelque chose qui me ressemble. J’aurai trouvé le rythme de la nature. Quand le premier avion a percuté une des tours j’étais en train de me réveiller. J’entendais le son de la télé. J’ai eu du mal a saisir ce qui arrivait. Dans ma tête ça n’arrive pas. J’ai compris ce qui arrivait quand j’ai vu des gens sauter des étages en feu. Après il ya eu les questions et les réponses : on est comme ça.
    Aujourd’hui, on attend d’ici quelques jours notre premier petit homme. Ma femme est superbe. J’accumule mes outils pour devenir forgeron et je rêve d’avoir ma maison et produire ce qu’on mange et de produire mon électricité.

  30. sebastien dit :

    polythecnique: je suis trop jeune pour avoir des souvenir je sais par-contre que c’est un bon film

    11 semptembre 2001 j’ai 19 ans je suis au palais de justice et oui je poursuit mon pere au civils pour obtenir une pension et j’aurai gain de cause 3 semaine plus tard je pleure de joie

    aujourd’hui 27 ans ivalide depuis maintenant 4 ans je suis parano psychotique bipolaire bordeline et j’ai un casier judiciaire avec interdiction de quiter le canada et honnetement manquer de cafe est presenterment la seule chose qui me fait chier guerre rient a cirer yen a une dans ma tete a toute les heure rechauffement climatique ??? pas au courant mes pilule me gele la face depuis 4 ans tiger 13 femme wow j’en ai jamais eu moi je devrait lui demander qu’il m’en passe une

  31. Sara dit :

    Poly: Toute jeune, 10 ans. Je ne comprends pas les images que je vois au bulletin de nouvelles, j’attends « Les filles de Caleb» . Ça m’avais troublé, dans le salon de la grande maison familiale où j’avais enfin ma chambre à moi. À l’école, je rencontre celle qui deviendra ma meilleure amie. J’ai assisté au tournage du film. Ça m’a rentré dedans à ce moment-là. Ne conçois pas que tant de haine soit possible et conçois encore moins comme on survit à ça.
    09/11: Dans une cours d’auto-défense. L’absurdité totale de ma main en train de parer un coup de me frappe. Une amie arrive en retard et elle nous crie les événements qu’elle a entendu à la radio. Ils n’ont pas pu défendre leur vie, eux. Je suis dans un stage où la moitié du groupe sera mis à la porte dès la fin de l’année scolaire. Ma vie future se joue. Je sors avec un gars qui ne veut pas faire l’amour avec moi. Je ne me sens pas féminine pour deux sous et porte des chandails trop grands.
    Aujourd’hui: Accroc à la liberté, je ne sais pas comment dire au gars avec qui je suis que ce n’est pas « lui» . Je fais lentement ma place dans un métier qui me passionne et prends toute la place. J’ai une belle et bonne famille, qui m’appuie sans poser de questions. Je suis indépendante, débrouillarde et je m’affirme de plus en plus. J’ai peur de ce qui va m’arriver, et encore plus de ce qui ne m’arrivera pas.

  32. La Shirley dit :

    Poly: Enceinte jusqu’aux yeux de mon futur Tiku, je roule en gros camion plein de costumes vers le plateau de tournage d’Une histoire inventée d’André Forcier, dois m’arrêter pour décoincer un essuie-glace et me fait faire la joke la plus imbécile possible: Un homme fin quarantaine me dit de la fenêtre de son camion – « J’en connais un qui te tirerait dessus si il te voyait chauffer ton gros truck d’homme»  … J’ai failli virer lesbienne ce jour-là.
    Heureusement que les hommes de ma vie m’ont fait renoncer à mon projet, tous merveilleux à leur façon.

    09-11: Je suis en train d’attendre un moment privilégié avec un docteur inconnu à ce moment qui deviendra un ami, je n’ai rien d’autre à faire que d’écornifler les autres patients jusqu’à ce que la télé pendouillante du plafond nous gifle de ses milliers d’infos et d’images et que la maxilaire inférieure me tombe à terre. Ça repasse en loop jusqu’à ce que les larmes m’aveuglent, la gorge me noue, la nausée me pogne…
    À deux doigts de virer raciste, je me ressaisie en sachant tout ce que je sais, que rien n’est tout noir ou tout blanc.
    Je n’ai cessé de pleurer que quand, le lendemain avec mon chum du moment avec qui j’ai partagé 10 ans de vie commune, nous sommes allé voir « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain» , film que j’associe systématiquement au bonheur, à l’espoir ainsi qu’à la bonté des humains.

    Now: Je reviens d’une semaine à Varadero, mon Tiku est grand, fort et bon, mon Zamouri est beau et brillant, je mange trois repas par jour, j’ai une jolie tite maison, des amis fantastiques, une famille que j’aime tendrement et un boulot pas toujours rose mais Ô combien stimulant.
    Je rêve encore et toujours de paix dans le monde, d’égalité et de fraternité … call me naive …

  33. David dit :

    89: 2 mois à peine, en apprenant la nouvelle j’ai peut-être dit quelque chose du genre: BAAAGAAH. J’habite la banlieue de Québec, petit bébé mignon, mais excité comme ça s’peut pas!

    9-11: Je suis en 6e année. Derniere année dans cette école primaire. Je ne suis pas très populaire et toujours aussi énervé (et énervant). J’arrive chez nous pour diner. Ma mère était en train de laisser le macaroni bruler. Elle était scotchée à la télé, moi je tentais en vain de sauver mon repas. En revenant en classe, la prof nous explique la situation… ça ne devait pas être facile de vulgariser le tout à des enfants de 11 ans. En revenant chez nous, je pose pleins de questions à mon père. C’est à ce moment que mon intérêt pour la politique et les sociétés modernes est né.

    Aujourd’hui: Un peu moins énervé, plus pensif et réflexif, j’étudie le cinéma à Québec. J’ai 20 ans. La perspective de devoir immigrer vers Montréal m’inquiète: je n’aime pas la métropole. Je suis toutefois décidé à faire ce métier, ma tête bouillonne d’idée. Je veux créer. Je fais de la musique, j’écris, je dessine… je veux découvrir le monde. Il est 1h30… j’ai un travail à terminer pour demain, mais la motivation n’y est pas. Je devrais aller me coucher…

  34. Merelle dit :

    En 1989, j’ai 38 ans… Je suis adjointe juridique. Je suis en amour par dessus la tête avec un smatte qui pense que Marc Lépine a ramassé « inconsciemment»  toute la colère des hommes et que ces femmes-là payent pour toutes les féministes! Evidemment, je ne suis pas d’accord. Il me reste 4 ans avant ma séparation. Je vis dans SA maison et il me le fait sentir de temps à autres. Je ne me rend pas complètement compte que j’ai affaire à un mysogine… une vraie tourmente d’émotions, des montagnes russes. Beaucoup de pleurs mais aussi beaucoup de joies. Mon fils a 13 ans. La délinquance commence.

    Entre 1989 et 2001, j’ai vécu séparation, DPJ pour mon fils, crises, drames, peurs et inquiétudes, thérapies, recherches sur moi-même… bénévolat… j’ai avancé à pas de géant…

    En 2001, je viens d’avoir 50 ans, je suis avec mon conjoint actuel depuis 4 ans. Je suis en amour et je flotte encore sur mon nuage rose.

    Le 11 septembre… oh que je m’en souviens… Je suis toujours employée au fédéral et nous venons à peine de tomber en grève. Nous avons tout stoppé pour rentrer au travail. Le pays avait besoin de nous!!

    Mon chum ne me croyait pas quand je suis entrée à la maison en catastrophe. Il a fallu que j’ouvre le téléviseur et que je pitonne sur 3-4 postes différents et que je lui répète l’attentat et ce que j’en savais… Il travaillait de nuit et il était un peu hébété… Avant de répéter plusieurs fois: Ben voyons donc! Ben voyons donc!

    J’ai depuis peu une meilleure job, plus payante, encore plus valorisante…Mon fils vit avec sa conjointe depuis 5 ans, il est si amoureux que je ne reconnais plus le jeune rebelle d’autrefois… J’ai un condo à moi.

    Pour la première fois de ma vie, je me rend compte que la terreur n’est pas pour ailleurs… elle est rendue chez nous…à quelques heures d’auto… J’ai perdu toute innocence face à l’Humain. Disons que mes pensées sont plus tôt négatives depuis.

    Entre 2001 et aujourd’hui: j’ai avancé mais plus lentement. J’ai pris plus confiance en moi au niveau de l’achat d’une propriété. Je me sens meilleure au niveau de mes compétences etc… Je suis mieux dans ma peau…

    Aujourd’hui, je fais encore un travail que j’adore au même service. Je suis toujours avec le même conjoint et tout va bien. Nous nous aimons. Plus calmement, plus sereinement.J’ai une maison dans un quartier qui me plait beaucoup. Et surtout, je suis en paix.

    Ah, j’oubliais… je suis de plus en plus anti intégrisme religieux et définitivement contre les accommodements raisonnables et les femmes effacées derrière les voiles en tous genres. Je me suis documentée depuis Bouchard-Taylor…. et j’appuie le CCIEL et madame Djemila Benhabib.

    Féministe, nationaliste et surtout pacifiste mais pas conne!

  35. Kevin Zaak dit :

    6 décembre 1989 Tuerie de la polytechnique. J’ai 20 ans. Du septième étage de l’hôpital Ste-Justine où je fais du bénévolat, j’entends les sirènes des voitures de police, en face, sur la montagne. Dans mon uniforme vert, je commence à sentir ce que je veux faire de ma vie. Malgré quelques débuts d’amitiés timides et maladroites, je réalise que je suis complètement seul.

    11 septembre 2001 Attentats du World Trade Center. J’ai 32 ans. Une averse balaie la route 116 entre Saint-Hyacinthe et Sainte-Madeleine. Je m’en vais voir mes beaux-parents avec Dominic, mon chum de l’époque. J’ai toujours rêvé d’avoir une famille comme la sienne, stable, unie malgré les turbulences. Depuis que je sors avec lui, il a pris toute la place dans ma vie. J’ai coupé les ponts avec la plupart de mes amis. À la radio, Marie-France Bazzo contient mal son émotion.

    14 décembre 2009 Pas de catastrophe en vue. Pas facile d’avoir 40 ans. Je pense que je viens de vivre une série de petits deuils relationnels, comme une ligne de domino. De nouveau célibataire et sans famille. Les quelques amitiés qui restent me semblent plus légitimes et plus solides. Et ces amis-là disent que je serais plus que mûr pour être en couple. Ma vie prend souvent mille détours, mais je commence à y prendre plaisir.

  36. Mme Cornue dit :

    Polytechnique : j’ai 11 ans, je trippe sur un groupe « Les B.B» , J’ai vaguement conscience qu’un drame s’est produit, pas trop le choix on en parle partout. Le nintendo semble plus attrayant.

    11 septembre : je végète avant d’aller travailler, je fais le quart midi-21h. Je vois la 2e tour s’écrouler… J’appelle mon chum qui lui est à montréal (je suis à sherbrooke) il a vu lui aussi… on passe une heure au téléphone en silence. J’arrive en retard au boulot, je m’en fous, j’ai une entrevue le vendredi, je vais rejoindre le destin le lundi suivant, à montréal.

    Aujourd’hui : mon amoureux m’a rejoint à sherbrooke y’a 7 ans, parce qu’il était juste pas question que j’accouche à montréal! Je navigue encore entre le bonheur et l’anéantissement, cette année fut la pire EVER!

    J’accoucherai sous peu de notre 5e mini-nous, le destin a encore une fois choisi de nous faire signe. Quelque part début février,(moment où l’an dernier nous avons du faire ce qu’un parent ne devrait jamais avoir à faire c’est-à-dire envoyer la main à son gamin en signe d’un dernier aurevoir) nous accueillerons Thomas :)

    J’ai enfin terminé mon bacc en communication, je suis bénévole pour le journal étudiant et je crois avoir trouvé ma voie!! :) Le soleil brille au travers les nuages, ça doit être bon signe :)

  37. Esseulée dit :

    Poly: J’ai 5 ans, presque 6 et je suis probablement dans la salle de jeu de la maison à jouer aux petits autos avec mon petit frère de 3 ans parce-que chez moi il n’y a pas de différence entre les filles et les garçons. Je ne prendrai conscience de la tragédie que 5 ans plus tard quand on en parle à la télé. J’ai recherchée chaque informations que je pouvais trouver sur cet évenement ne comprenant pas pourquoi certains gars ne peuvent pas accepter que des filles aient leurs place dans la société. Je ne savais pas à ce moment là que ma propre mère me ferait bien assée vite sentir qu’il y a des différences entre les sexes et que les filles sont moins importantes dans la vie… Mais quelle hypocrisie!

    11 Septembre 2001: Je suis à ma première session de Cégep. En sortant de mon cour d’économie pour une pause un ami m’apprend qu’il se passe quelque chose aux États-Unis mais je ne peux pas avoir plus de détails puisque je dois retourner en cour. Ce n’est qu’en finissant le cours que j’ai une meilleure idée. Nous sommes plusieurs réunis dans la bibliothèque du Cégep à essayer de comprendre se qui se passe. Je ne passe que 15 ou 20 minutes devant la télé avant de rentrer à la maison. J’ai passé le reste de la journée devant CNN à essayer de comprendre. Ma famille rentre à la maison en fin de journée et me trouve toujours assise devant la télé d’où je leurs fais un compte rendu de ce que j’ai vu défilé devant mes yeux pendant des heures. J’ai compris à ce moment là que le domaine de la communication pourrait m’intéresser. Mais sans savoir que les prochaines années seraient difficiles au plan inter-personel vu mon manque de confiance en moi occasioné par les critiques incéssante de ma mère hypocrite et des amies qui m’en ont fait baver ma dernière année de CEGEP.

    Aujourd’hui: J’ai été intéressée par la communication au point d’en faire des études et travailler comme journaliste pendant 1 ans et demi avant de décider que l’argent aussi était important. Je travail maintenant comme fonctionnaire dans un poste semi-intéressant. Je n’ai plus d’amis puisque je ne peux plus faire confiance à personne après mettre faite traitée comme de la m…e dans mes années de CEGEP. Célibataire j’évite toutes situations où je devrais partager quoi que ce soit avec quelqu’un. Mon père à finit par se rendre compte que ma mère est un problème dans la vie de biens des membres de la famille et est maintenant divorcé. Moi j’ai pris la décision que je n’ai besoin de personne pour faire mon bonheur et j’ai la ferme résolution de faire mon bout de chemin seule. J’essaie maintenant de faire entendre raison à ma mère pour qu’elle cesse d’essayer de gâcher les fêtes de toute la famille en piquant des crises et en réclamant notre présence les 24-25 et 26 afin que notre père ne puisse pas nous voir pour Noël. Je n’ose même pas penser que l’histoire du jour de l’an n’est pas encore reglé!

  38. Marie-Claude dit :

    1989 – Polytechnique – J’ai 11 ans. J’écoute NKOTB, habillée en fluo et j ai très peu conscience de la tuerie. Je me souviens que mes parents en parlent, mais je suis dans mon monde où seul Joe existe… Please don t go girl !

    2001 – Septembre – j’ai 22 ans et je suis finissante en Communications. Stagiaire pour une entreprise immobilière possédant la majorité des immeubles de Mtl, je vis ma première gestion de crise. Tout le monde panique, rivé à son téléviseur et pendant toute la journée, le téléphone ne dérougira pas. Nous en aurons pour des mois à gérer tout ça. Mon copain de l époque est musulman alors ça rend l onde de choc encore plus forte. Il devait prendre l avion trois jours plus tard… il reportera finalement son voyage. L’animosité s installe envers les musulmans, ce n est pas facile de vivre avec tous ses préjugés et les gens qui parlent contre « la race»  de mon copain… le futur voudra qu’on se sépare, mais pas parce qu il était musulman, simplement parce que ce n était pas le bon.

    2009 – Maman d une grande fille de 4 ans, heureuse avec son papa qui est l homme de ma vie et enceinte de notre garçon à venir dans quelques semaines, je pense avoir trouver la paix dans mon monde. L’avenir me fait peur pour ma fille. Je me souviens de Dawson. Elle avait six mois alors et je refusais de la lâcher, les yeux rivés à l écran, à penser à tous ses parents qui devaient être morts de peur. Je l ai eu dans les bras pendant les 24 hrs qui ont suivies, incapable d admettre que j avais mis au monde cette merveille dans un monde qui pouvait être si violent… Encore aujourd’hui, quand je l embrasse le matin en quittant pour le boulot, je me demande pourquoi je ne reste pas avec elle toutes les milli secondes de ma vie pour la voir grandir et profitez de tous les insants…Il faut la laisser vivre me dit mon mari.

  39. Alex dit :

    Je sais, je suis un peu tard pour répondre, mais bon, un rush de fin de session, ça commence au début du mois de décembre et ça finit le 23… Mais je me prête quand même au jeu…

    Polytechnique : J’ai 4 ans. Outre Passe-Partout et ma grande soeur (qui était mon idole, soit dit en passant; et elle l’est toujours…) rien n’importait. J’étais probablement à la maison, à manger ma collation de l’après-midi, exactement à la même heure que ma soeur mangeait la sienne, à l’école. C’est 10 ans plus tard, dans le cadre d’un cours d’anglais que nous avons discuté de cette journée d’horreur du mois de décembre 89. Je crois que c’est aussi à ce moment qu’il ont parlé de la statut en hommage aux jeunes femmes, une nef pour quatorze reines. J’ai vraiment adoré l’idée, qui m’a émue. Je me suis dis que j’avais vraiment une vie facile… et qu’en cette année 99, bien des choses avaient changé.

    Le 11 septembre : Secondaire 5, ma professeure de français est entrée dans notre local, et nous a annoncé le drame. J’ai pas vraiment compris l’implication résultant de cet évènement. Puis, les heures, les jours qui ont suivi, se sont passées devant la télé, horrifiée par cet évènement, trop réel pour être vrai. Ça ne se pouvait pas, juste pas et tout simplement pas. Je me rappelle avoir eu peur de la suite. Quelle suite? C’est à partir de ce moment que mon univers s’est ouvert. Ma ville n’était plus nécessairement le centre de l’univers, de mon univers. Il y avait des gens qui mourraient et j’ai fini par comprendre pourquoi; ou plutôt à me demander pourquoi. À partir de ce moment, j’ai commencé à m’intéresser à tout ce qui se passe dans le monde, les conflits oui, mais aussi les bons coups, les innovations, etc.

    Aujourd’hui: J’ai 24 ans, bientôt 25. Je ne sais pas encore qui je suis, mais je sais ce que je fais, c’est déjà un début. Un bacc en comm en poche, une maîtrise de recherche, pour continuer de tenter de comprendre, la vie va. J’ai des gens que j’aime autour de moi, une p’tite puce (lire filleule) qui n’est pas capable de dire mon nom. Je viens de revenir à la maison. Je me cherche. Je cherche. J’ai confiance qu’il y a plus de gens bien que de gens mauvais. On m’a posé la question récemment dans une entrevue: Où te vois-tu dans 10 ans. La réponse : « Chez vous. Bien sûr.»  Je sais très bien où je vais être. Mais qui. J’ai entendu une phrase récemment. Elle disait qu’après tout ça, « rien n’a changé sauf nous « .

  40. ras-le-bol dit :

    Bon j’ajoute mon commentaire, un peu tard, mais j’ai trouvé le sujet trop bon.

    Polythechnique: J’étais dans un collège informatique minable du centre-ville. Je ne connaissait pas encore ma blonde, qui elle avait un frère et sa blonde qui allait à Polytechnique. J’étais jeune et fou.

    Septembre 2001: J’étais dans la salle d’attente d’une clinique de fertilité quand une des personne présente s’exclame en ragrdant la tv: Pendant que nous ont est ici pour essayer de donner la vie, eux l’enlève à des milliers de personnes. J’étais moins jeune et inquiet.

    Aujourd’hui: Un peu tanné de Montréal que j’habitte depuis 20 ans, je passe de plus en plus de temps au chalet avec ma conjointe et mon enfant. J’ai tellement honte de mon pays et surtout de son premier ministre. J’ai des cheveux blancs qui commencent, et suis un peu désillusionné.

  41. Proulx dit :

    Polytechnique: En 89, j’avais 4 ans. Je venais ou bien j’allais emménager à Lachenaie où je vis toujours aujourd’hui. Je connaissais toutes les équipes de hockey par coeur et j’étais capable de dire si j’avais une carte de hockey en double sans même regarder dans mon cartable.
    État d’esprit: Je n’étais même pas jaloux de ma soeur née quelques mois plus tôt.

    11 septembre 2001: J’étais en secondaire 5 à l’école secondaire Des-Rives à Lachenaie. Pendant la journée, je ne comprends pas trop ce qui se passe. À trois ou quatre morons, on faisait pleurer une certaine Martine en lui disant que son copain allait devoir aller à la guerre pour combattre les talibans. On lui faisait également croire que la guerre allait venir jusque dans les champs lachenois bordant la 640.
    État d’esprit: C’est rendu à la maison que j’ai commencé à freaker. Je croyais sincèrement qu’une troisième guerre mondiale allait éclatée.

    Aujourd’hui: J’ai 24 ans. Je vis toujours à Lachenaie, chez mes parents de surcroît. Chômeur depuis quelques semaines, j’ai tout de même un DEC en Arts et lettres communication ainsi qu’un certificat en scénarisation cinématographique que j’ai obtenu à l’université des grévistes (UQAM). Je fais parti d’un groupe de musique depuis quelques années, on se chicane une fois aux six mois, mais on s’aiment beaucoup. Notre musique évolue à chaque nouvelle chanson.
    État d’esprit: Je suis amoureux d’une fille qui est amoureuse de moi. Quoi demander de mieux? Mais j’ai « crissement»  hâte de partir de chez mes parents pour aller montrer mes défauts à ma blonde en appartement.

  42. Vagabonde dit :

    C’est fou comme une grande partie des personnes qui ont laissé un commentaire ici ont étudié en Communications. Z’avez remarqué ? Moi-même, j’y suis passée et obtenu mon bac.

    Polytechnique : Je regarde le bulletin de nouvelles avec ma petite dernière dans les bras, que je viens d’aller chercher à la garderie. Je la tiens très fort et je téléphone à mon autre fille (ado) qui est chez son père, pour me rassurer. Je me sens triste et révoltée à la fois.

    11 septembre 2001 : travailleuse autonome, je suis à la maison, concentrée sur mon travail, et je n’apprends que vers 10 h ce qui se passe aux États-Unis. Après quelques minutes devant la télé à regarder, hébétée, les images en boucle et les commentaires, je me mets à «freaker» pour mon fils qui travaille à Radio-Canada et doit prendre quelquefois l’avion vers Toronto (je sais, c’est pas Boston, mais une mère inquiète, savez ce que c’est !) J’ai son adjointe au bout du fil qui me dit de ne pas m’inquiéter, qu’il est en conférence au bureau. Mes filles sont l’une à son travail, l’autre à l’école. J’ai donc un bref et égoïste moment de soulagement. Je me souviens de pensées récurrentes, comme «C’est la faute à la politique de Bush», «C’est horrible cet attentat, mais moins que le génocide au Rwanda ou que… » Des dizaines de guerres et d’injustices me trottaient dans la tête. Bien sûr, ça se passait presque chez nous, bien sûr j’ai alors pensé que nous n’étions plus invulnérables. Mais je n’ai pas ressenti cet attentat comme quelque chose «d’injuste» : c’était simplement à notre tour de subir les conséquences de la bêtise et de la convoitise du genre humain.

    Aujourd’hui. J’aurai 60 ans dans quelques mois. Beaucoup d’anxiété (faudrait-il cesser de lire les journaux et de suivre les infos ?) Je regarde le monde et je me demande ce qu’il réserve à mes 3 petits-enfants. Le futur écologique me préoccupe beaucoup. Malgré tout, je demeure une amoureuse folle de la vie et m’étonne de l’extraordinaire résilience des êtres humains. Ce qui m’inquiète le plus : que les sociétés n’apprennent pas assez de leurs erreurs (ou ne le veulent pas).

  43. Chaymaa dit :

    1989: j’ai 9ans, c’est mercredi 6 décembre 1989, je viens de soupe et je regarde un film avec mon père à la télé, je pose encore des questions a mon père genre Pourquoi on meurt? il est 22h. On est a Casablanca, Maroc.
    Le tél sonne ma mère répond, son visage se décompose, elle ne prononce pas un mot. Elle se retourne vers mon père, on doit aller chez Grand mère, moi, je suis contente c’est tard mais on va voir Grand mama, Voir les cousins(es), On arrive, personne ne parle, en m’assigne une place et me fait savoir que c’est sérieux personne ne bouge. Je m’inquiète, mon oncle et mon père sont allés cherche mon grand père de sa réunion.
    Tout le monde attend. On attend un coup de fil et mon grand père. Le telephone sonne, ma tante repond , elle est en larme. Elle rejoint ma grand mere dans sa chambre pour lui annoncer la nouvelle. Je ne sais toujours pas ce qui se passe.
    Mon grand père arrive et on lui annonce devant tout le monde enfant inclus. TA Fille est aux Urgence entre la vie et la mort elle a été victime d’un fou a l’universite.
    Et j’ai vu un Homme de 50 ans Fort comme un lion, mon Héro, s’effondrait en mille morceaux.
    J’ai su cette soiree la qu’on pouvait mourir parce qu’on allait a l’universite, et pas au tiers monde, pas dans un pays ou la femme est une citoyenne de deuxieme classe. Non, dans un des pays les plus democratique, le canada. Mechante debarque!

    2001 : 11 septembre, 9h15, montreal, Je me réveille le matin, je mets la radio, je n’ai pas encore de télé, j’entends quelque chose de très étrange quelque chose qui sort de l’ordinaire un film racontait, énonçait a la radio. On A ATTAQUE New York. J’allume l’ordi, j’essaie de trouver de quoi sur ce que je viens d’entendre.
    Une seule image une seule crainte : Que vais-je devenir. Ce que j’entends à la radio n’est pas réjouissant. La radio était devenue Arabophobe pour plusieurs heures. J’ai eu peur de sortir de chez moi. Dans un laps de temps le monde a change les arabes sont devenus les negros (sans offenses) des Occidentaux. Et on est passe du romantisme de milles et une nuit aux affreux Terroristes.
    Les aéroports sont devenus des Alcatraz pour ceux qui ne sont pas nés dans le bon pays ou qui n’ont pas la bonne couleur ou qui ne porte pas le bon nom..
    On a eu les accommodements ‘dé’raisonables, on a vu la déstabilisation du moyen orient et des pays musulman. Même les modères on les voit plus.
    J’ai appris à gérer le malaise, j’ai appris que ce qui ne me tue pas me rend plus forte.
    Auj. : je suis retournée a mes études, Dire que l’avenir c’est d’avoir un Diplôme. j’ai beaucoup voyage, J’ai change de ville et de province, je constate qu’etre PM au canada c’est désiré le pouvoir et non servir la democratie. Je me demande c’est quoi la difference entre une prorogation du parlement et refuser des élections libres dans les pays dites non democratique.
    J’ai une tele que je n’allume pas, je n’ecoute que les nouvelles que je veux, je me sens inondée d’information, je suis une fille de Generation Y , qui dit Y dit toujours des questions Pourquoi? j’en ai plein la tete encore.
    je veux croire encore dans l’humain mais j’ai beaucoup de difficulté. L’histoire nous apprend que l’histoire se repete. Plus ca change plus c pareil. C’est a nous de faire changer les choses, oui, mais comment?

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