On parle de plus en plus d’internet comme du deuxième avion à frapper l’industrie du journalisme. Hugo Dumas peste, Steve Proulx y voit un défi, Michelle Blanc une étape, mais personne ne s’en réjouit.
La victime dans cette histoire serait la « qualité » de l’information. Ça et un paquet de jobs syndiqués.
Par contre, insister sur le rôle coupable d’internet serait oublier le premier avion venu percuter le monde journalistique. Piloté par les corporations assoiffées d’influence, ce sont des milliers de journalistes qui ont acceptés d’être menés par une poignée de magnats.
La victime FÛT la qualité de l’information du moment où elle est devenue un produit commercial.
Le public a t-il désespéré d’obtenir la vérité et décidé de consommer sa vérité ? Comme le démontre Fox News et son matraquage anti-Obama pour plaire à son audimat conservateur, l’information s’est emputassée à grande échelle.
De fusions en fusions la mentalité du marketing spectacle de l’info a contaminé toutes les plateformes. Pas besoin de BAC en communications pour savoir que ce qui concerne Brad Pitt va en page 2 et ce qui touche le Pakistan en page 33.
L’audimat a donc sculpté l’information comme jamais ne le feront les commentaires de blogues et autres twitter.
Je ne pourrais pas dire à quel point les journalistes sont en parties responsables de ce qui arrive, cela ne m’amuse pas de le mesurer.
Mais quand je lis qu’un journaliste de La Presse s’attriste de la disparition possible de la qualité de l’info, et qu’il me livre du même souffle un résumé de loft story, on sursaute. Je ne sais pas qui va gagner quoi avec la descente des journaux et la montée d’internet, mais une chose est certaine, difficile de battre le web quand on veut des nouvelles du loft.
Tu pointes quelque chose là. L’information devenue une marchandise ? Certainement. Et malheureusement, rien ne dit qu’avec l’Internet, ça va changer. Pour l’instant, on a « l’impression» d’être à l’abri, mais ce n’est qu’une question de temps avant que l’information sur la Toile devienne une source monétaire pour de grands magnats.
Mais bon, j’imagine que ce sera aux citoyens de faire la résistance… Ah, qu’est-ce que je dis là ? Une action citoyenne concertée ? Impossible avec Star Académie et le loft à la télé…
Je suis d’accord. L’internet n’est pas le seul responsable. La baisse de la qualité en général et la venue des journaux gratuits on nivelé ce média par le bas.
J’ai écrit un billet imagé sur ce phénomène sur mon blog: « C’est assez, je te quitte» http://www.benoitlaporte.com/610/c‘est-assez-je-te-quitte/
Martin a écrit :» Le public a t-il désespéré d’obtenir la vérité et décidé de consommer sa vérité ?»
À mon avis, oui. De la même manière que le public a désespéré d’écouter en boucle la même chanson à la radio et s’est mis à chasser la musique via les réseaux P2P. L’industrie de l’information va subir le même sort que l’industrie de la musique.
Comme je l’écrivais ailleurs, l’information, c’est encore un produit culturel…
S.
J’ai beau scruter la page 2 minutieusement, j’arrive pas à trouver ce qui est arrivé à Brad. T’as-tu un hyperlien à me refiler à la place ?
Sois patient: Brad va sûrement adopter au Pakistan.
Moi j’ai pas la presse à chaque jour chez moi. Mais je regarde cyberpresse plusieurs fois par jour … j’ai des nouvelles en presque direct et ce sont les même qui sont dans LaPresse le lendemain… Oui il y a pas mal de nouvelles bidons ( Le Loft et Star Académie !) mais personne n’est obligé de les lires hehe.
Les intellectuels et les penseurs de notre société, chiens de garde et quatrième pouvoir… Ils se font avoir avec leur approche de partenariat avec les boss. Pis y’a trop de sous-traitance et de pigistes. Les artisans du journalisme sont prisonniers du profit. Pourquoi ne pas démanteler La Presse de l’empire Power et la confier à une coopérative de travailleurs? Pourquoi ne pas donner plus de place à Télé-Québec, surtout si Ottawa délaisse la télévision publique? Faut être créatifs. Les blogues ne remplaceront jamais le travail journalistique, le vrai. Ça va de soi.
@ lotupium: bull’s eye my friend