Quand ils sont bons, les chroniqueurs deviennent un peu des stars intellectuelles. Louis Cornellier les répertorie dans un livre qui fera très certainement le tour de toutes les salles de rédaction du Québec, une sorte de guide des vins pour aider le décrypteur de journaux quotidien, Steve Proulx en parle ici.
Dans l’appréciation de cette bibitte médiatique qu’est le chroniqueur populaire, on dira que plus le chroniqueur reflète ce que le lecteur pense, plus on dira de lui qu’il est bon, ce qui explique la mise à mort de Socrate il y a 2500 ans. C’est l’art de flatter le public dans le mauvais sens du poil ou plutôt dans le sens du mauvais poil. Susciter l’indignation populaire, exciter la colère des foules, simplifier pour plaire aux simplistes, bref, agiter toutes les tentacules du populisme sont des méthodes courantes des plombiers de la ligue des champions de l’opinion.
Et ça nous occupe. Récemment je me suis amicalement pogné avec un ami qui aime, adore, vénère Nathalie Elgrably (la Tarzan du capitalisme sauvage) alors que pour peu qu’on me connaisse, on se doute bien que je ne lui confierais pas, et surtout pas, le poste de gouverneure du Yukon. Nous étions tellement aux antipodes que nous en avons abondamment ri. Ainsi va pour les Martineau, Petrovski de ce monde, classés poliment par M. Cornellier.
En attendant de lire ce livre dégustation, j’en profites pour simplement vous partager mon amour pour Josée Legault (donc par effet de miroir mon amour de moi-même on l’aura compris). Ce que j’aime de Josée Legault (donc de moi qui se projète en elle on aura compris Freud et compagnie), c’est son ouverture (donc la mienne par extension subtile de mon sur-moi). Elle a cette façon de donner son opinion (souvent la mienne) mais de laisser au lecteur (moi toujours) le soin de formuler ses propres conclusions (les miennes), il y a donc chez elle, ce respect de l’intelligence du lecteur (miroir miroir), cette délicatesse, cette politesse (là-dessus je reste un homme faut pas rêver) qui nous dit qu’elle écrit pour nous (moi et mes amis de la classe moyenne), et non pour eux (le pouvoir, les patrons, une clique, des amis influents, etc…).

Avouez qu’on a un petit je-ne-sais-quoi d’identique.