Le savoir rire
“Nous sommes dans l’inconcevable, mais avec des repères éblouissants. » René Char
Dures années en perspective pour être humoriste, car la stupidité et la violence ne manquent pas d’amplificateurs.
La stupidité s’est récemment fait un petit pas de danse sur les outils de travail de mon ami Mike Ward. Cette malheureuse histoire a été un des “débats” le plus niaiseux que l’on m’a été donné de voir depuis longtemps. Signe des temps? je le crois.
Dieudonné fait un spectacle intitulé “J’ai fait le con” et on croit vraiment qu’il désire que Le Pen soit le parrain de sa fille. Un stunt qui sentait le stunt à plein nez, mais cette fois encore, pouf, ça tombait comme des bisons dans le piège à con.
En France, Charlie Hebdo licencie Bob Siné, Kurt Westergaard est toujours accompagné de la police danoise pour les caricatures de Mahomet et Michael Moore est un habitué de la fusillade média. Les temps sont durs pour les caricaturistes.
Partout en Occident, le sensationnalisme primaire et la fureur religieuse, cette forme de stupidité qui ne paie pas d’impôts, cette immense masse de magma noire avance et flotte dans l’espace médiatique, il n’est pas loin le moment où la raison aura toujours tort.
Bienvenue dans cette nouvelle bouette médiatique où une émotion vaut une réflection. Ça commence déjà à accuser les blogues d’écrire n’importe quoi, mais qui peut se permettre de faire la leçon? Steve Proulx illustre très bien la poutre dans l’oeil médiatique dans son analyse du travail de Denis Lévesque.
C’est Richard Martineau qui a rappelé avec raison la chanson The Future de Cohen : “it’s gonna slide in all direction”
J’ajoute la phrase de René Char en ouverture, pourtant écrite dans les années 40.
Le combat est, et sera toujours, le contrôle des esprits. Vous pensez par vous-mêmes? Vous jouez avec le feu les amis. Tiens George Orwell nous répond d’outre-tombe.
“A society becomes totalitarian when its structure
becomes flagrantly artificial: that is, when its ruling class has lost
its function but succeeds in clinging to power by force or fraud. Such a
society, no matter how long it persists, can never afford to become
either tolerant or intellectually stable. It can never permit either the
truthful recording of facts or the emotional sincerity that literary
creation demands. But to be corrupted by totalitarianism one does not
have to live in a totalitarian country.”
Je vous invite à suive ce texte ici, n’oubliez pas de revenir pour ajouter votre grain de sel dans les commentaires, exprimez vous (while you can) ![]()
juillet 25th, 2008 à 11:46
Ah ben, je m’ennuyais Mon Mart! En forme, en forme!
juillet 25th, 2008 à 15:20
Je suis heureux de voir que vous avez pris position de si éloquente façon dans cette triste histoire, où le bouffon du roi risque la guillotine.
Le pire, c’est qu’encore une fois, Monsieur et Madame Toutlemonde (je commence sérieusement à détester ce maudit couple BCBG!) se sont empressés de déchirer leur chemise (ou chemisier) sur la place publique alors que la grande majorité n’ont probablement même pas vu le maudit show!
Mais bon, je te lis, et, pour quelques temps encore, je garde espoir!
juillet 26th, 2008 à 22:56
Moi je comprend pas toutes les mots écrit dans ce billet, mais j’ai quand même un opinion qui est que Perizz devrait avoir un blog!
juillet 27th, 2008 à 6:21
Merci pour Georges Orwell… Le totalitarisme dans la superficialité, hum. Pour un dimanche matin, c’est plutôt protéiné! Donc, libre…
juillet 27th, 2008 à 17:56
merci blogue l’éponge
dac avec Sylvain
oui Geneviève, j’ai relu plusieurs fois pour comprendre que ce qu’Orwell retire comme leçon du modèle soviétique n’est pas une exclusivité aux régimes totalitaires.
La corruption des élites, comme on l’a connu au Québec avec l’église, empêche la création littéraire (par extention l’expression humoristique) simplement parce qu’un artiste qui n’est pas libre de faire son job, cad de dire à sa manière la cruelle réalité, ne peut pas produire un travail de qualité.
* complément du dimanche
Que la peur de dire la vérité s’installe chez les humoristes…sournoisement et le silence s’installera chez tout un chacun.