450 chemin du snob ou l’indicatif ne fait pas le moine

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Ça me fait toujours rire de lire ou d’entendre ce cliché qui veut que tous les artistes habitent le plateau Mont-Royal. Non seulement ce n’est pas le cas, mais c’est loin d’être le cas.

Il y a effectivement plusieurs artistes qui habitent le plateau, mais ce sont principalement des célibataires sans enfants (communément appelés : des drummers). Le « Plateau » c’est un site de rencontre géant, une immense piste de danse avec des boulangeries bio. Le “buzz” du Plateau c’est son indice voisine-sexy. Quand on est entouré de quadruplex remplis à craquer de jeunes universitaires, Internet n’est plus nécessaire si on possède un bon télescope.

Mais une fois en couple, les raisons de demeurer à Flirt-ville disparaissent comme les clients des terrasses à l’automne. J’ai toujours trouvé étrange qu’un artiste connu, une fois en couple, demeure à cruise-town. Ça me fait penser à ces couples qui insistent pour sortir chacun de leur côté le samedi soir. Comme le disait le célèbre moine Birman : « à force de jouer avec le feu on finit par l’avoir dans les culottes».

Ce qui me fait encore plus rire, ce sont les artistes qui déménagent en banlieue mais qui ne l’assument pas du tout. Il m’arrive parfois de croiser des artistes (plein d’imagination) qui me parlent de Lachenaie ou de Boucherville comme si c’était le nouveau Manhattan. Calmons nous. Même si on peut acheter du yogourt bio à St Lambert ou des ordinateurs Apple à Laval, la banlieue ne se sera JAMAIS cool. Ce n’est pas l’accès facile à un Sushi Shop qui rend une ville « Hip ». C’est comme le bandeau de Patrick Normand, ça ne change pas grand chose.

Difficile pour moi d’être un « supercool 450» quand je ramasse mes vidanges éventrées par les ratons laveur dans mon entrée de garage. Mais si le 450 enlève du cool, le 450 procure du calme. Le calme que procure la certitude de ne pas se faire crier à tous les coins de rues par un sans-abri : hey tu fais de la télé, tu es riche donnes moi 20$ ! Le calme de ne pas devoir se rappeler de changer la voiture de côté de rue les mardi entre 2am et 3am les soirs de pleine lune. Le calme aussi de savoir que tu peux te balader avec ta blonde sans croiser ton ex, ou son ex, ou ton ex et son ex et leur 2 enfants.

S’identifier de prêt à notre situation géographique c’est exactement comme ceux qui se pavanaient avec les énormes premiers téléphones cellulaires. Un jour viendra où la banlieue se fondra dans Montréal et alors nous serons tous des 51450. Alors là, on verra avec du recul, tout le ridicule de nos vanités immobilières.

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Dans le petit dictionnaire de Martin :

Cool : adjectif. Désigne quelqu’un habite à Paris, Londres ou New York (désolé tout le monde). Contraire : Pas cool. Désigne un gars qui paye 2 fois le prix d’une hypothèque pour être à loyer sur l’avenue Mont-Royal en face d’un sexshop (J’en sais quelque chose).

10 commentaires pour “450 chemin du snob ou l’indicatif ne fait pas le moine”

  1. brem dit :

    Le quétaine de l’un c’est pas forcément le quétaine de l’autre.
    Le cool de l’un, c’est pas forcément le cool de l’autre.

    Mais au fait, on s’en côlisse-tu d’être cool?

  2. dianerythme dit :

    Donc…. je ne suis ni cool ni pas cool! Ouinnn je suis pas tres avancé là, quand on habite l’ile-bizard on est ….RIEN, bin je veux dire, oui je suis 514 mais au fond je suis 819, bin me semble que cé ça, le bas du fleuve 819? J’ai tres peu de 450 dans l’âme mais j’ai aussi quelques élans de 419, en fait ça dépend des jours finalement! Pas parce qu’on est officiellement 514 qu’on l’est forcément dans le coeur! Je sais qu’un jour j’aurai envie d’aller vers le 819, c’est l’air salin qui m’appelle, mais pour ce qui est de l’air des sacs éventrés du 450 je ne suis pas certaine que j’y serais heureuse à long terme!((réflectionnnnnn,HUmmm?)
    En conclusion…Je dirais queee…. cé quoi déjà mon numéro de téléphone moi?……………………………;))

  3. Sylvain dit :

    Je suis resté dans le 819, 418, 514 et maintenant dans le 450… Et chaque fois, un twit me disait que je restais dans un endroit cool et un moron me disait que je restais dans un trou… J’suis tout mêlé!

  4. Tanya dit :

    Tout ce qu’il y a à se dire c’est: Tant qu’on est ben chez-nous, le reste on s’en sacre tu pas??! :D Moi, j’suis bien à Laval. Cool ou pas.

  5. Renart L'éveillé dit :

    “Le calme que procure la certitude de ne pas se faire crier à tous les coins de rues par un sans-abri : hey tu fais de la télé, tu es riche donnes moi 20$ !”

    C’est pas un peu paradoxal ça?

    Hé hé!

  6. Janick dit :

    Ben moi j’habite le 450 et je me considère cool! Ce qui est cool pour moi c’est quand tu habites n’importe ou pis que t’es heureux! Pis encore plus cool que ça??? C’est quand tu ne juges pas les autres qui habitent ailleurs!!! Le pas cool c’est quand t’es malheureux PIS!!!

  7. Janick dit :

    Ben moi j’habite le 450 et je me considère cool! Ce qui est cool pour moi c’est quand tu habites n’importe ou pis que t’es heureux! Pis encore plus cool que ça??? C’est quand tu ne juges pas les autres qui habitent ailleurs!!! Le pas cool c’est quand t’es malheureux n’importe ou PIS (j’avais pas fini d’écrire torieux pis j’ai accroché une touche) que tu fais chier les autres avec ça!!!

  8. Martin dit :

    Finalement si je comprends bien quand on est heureux on est cool? :)

    @Renard: le paradoxe je sais pas, mais il s’agit d’une espèce de “taxe du gars connu” et pour l’avoir expérimenté à mes dépends plusieurs fois, quand un cas de psychiatrie te tombe dessus et te harcèle jusqu’à chez toi, ce n’est pas de manquer de compassion que d’être capable d’avouer que ça peut devenir un irritant majeur quand tu essayes d’élever tes enfants. Ça tombe dans la catégorie : pas cool.

    Me reviens alors l’observation de François Massicotte: si un itinérant te reconnait c’est qu’il a une télévision…

    Mais on ne les oublie pas pour autant, c’est pourquoi j’aide la Maison du père et Moisson Montréal.

    @Brem : bravo tu résumes tellement bien ma pensée

  9. brem dit :

    Martin: non, l’heureusité (l’état d’être heureux) n’a pas de lien avec la coolesse (l’état d’être cool).

    Parce que la coolesse, c’est le regard qu’a “l’autre” (terme générique désignant toute personne sauf toi) sur toi.

    Donc, être populaire, c’est être cool pour ceux qui t’apprécient, et quétaine pour ceux qui t’haïssent. Des fois, ya du monde qui savaient même pas qui t’haïssaient qui t’haïssent aussi, le même chose est vrai de ceux qui t’apprécient sans te connaître, mais c’est pas une donnée vraiment mesurable.

  10. Renart L'éveillé dit :

    “Me reviens alors l’observation de François Massicotte: si un itinérant te reconnait c’est qu’il a une télévision…”

    C’est exactement à ça que je pensais…

    Alors c’est pour quand un itinérant avec un lecteur DVD portatif?

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