Québec média vs USA média
Quoi penser de cette situation ? Dans son dernier livre, THE ASSAULT ON REASON, Al Gore souligne le même problème que l’excellent humoriste-animateur américain John Stewart dénonçait à l’antenne de l’émission crossfire à CNN : la disparition des limites entre l’information et le divertissement et la perte du pouvoir du public dans une démocratie mal informée.
John Stewart dénonce le glissement marqué des émissions d’informations vers le potinage, l’anecdotique et le superficiel (ex : couverture du Décès d’Anna-Nicole Smith comme si c’était la fin de la guerre froide). La frustration de l’humoriste est d’autant plus compréhensible que ce phénomène a pour effet de gommer un peu l’aspect parodique de sa propre émission de variété basée sur l’actualité politique.
Québec distinct
Au Québec, c’est « évidemment » le contraire. L’ombudsman sortant de Radio-Canada faisait une sortie dernièrement contre les émissions de variétés qui incorporent des gens et des sujets de la classe politique. Les flèches étaient dirigées vers Infoman, Laflaque et Tout le monde en parle, dont le crime était de recevoir entre autres des personnalités du monde politique.
Ici, l’information est « menacée » par les humoristes qui prennent pour inspiration LE politique et LA politique. Étrangement, l’ombudsman ne voit pas de danger plus grand (comme le fait qu’on tente de rendre les nouvelles plus « funny-funny » ou plus sensationnelles).
2 cultures
Pour résumé très grossièrement, aux USA les humoristes critiquent les médias et ici les médias critiquent les humoristes.
Pendant ce temps-là, les Afghans rêvent du jour où ils pourront avoir les deux.
octobre 11th, 2007 à 12:54
Très intéressant comme constat, Martin. Pourtant, toute cette “confusion”, si on peut l’appeler ainsi, n’est pas si récente. À ce que je sache, mélanger humour et info se fait depuis plusieurs années. Et malheureusement, je ne vois pas en quoi ça dérangerait l’information pure et dure.
Un bulletin de nouvelles demeure un bulletin de nouvelles. Et il est supposé contenir des nouvelles. Tandis que des émissions comme TLMEP, Gérard ou Infoman sont dans le domaine de la variété. Enfin, je crois bien que le public soit assez allumé pour discerner l’aspect comique ajouté à l’information véhiculée dans ces émissions.
octobre 11th, 2007 à 13:44
On peut dire que tu es le premier humoriste à critiquer les médias!
Les choses vont peut-être changé!
Blague part, notre élite “intellectuel” et “journalistique” n’est pas assez tourné sur le monde trop tourné sur elle-même et le local.
Passons seulement au jour où un journaliste de radio-canada a été blessé avec son cameraman par une mine en afganistan. L’afganistan mur à mur, mais sans recul… sans informatique… du journalisme d’émotion et du vedettaria à gros titre.
L’information totalement contrôlé par les relationnistes devient fade. Plus de recherche plus de reportage… Des opinion, des analyses, des commentaires, des critiques… mais la vrai matière des nouvelles: l’information? Elle, elle disparaît, tout à fait d’accord avec toi.
Je suis diplômé en communication (dec en journalisme et bac en relations publiques). J’ai même enseigné à l’université Laval.
Auparavant, les journalistes étaient des hommes ou des femmes éduqués qui avaient aboutis sur les bancs de presse. Aujourd’hui, les salles de cours sont remplis de jeune (au fait j’ai seulement 30 ans) aspirant au vedettaria. Les universités apprennent à faire la phrase choque, le cliché qui tue, le montage du siècle, mais l’information comme matière n’est plus abordée encore moins sa qualité…
Brian Mulronney avait pour habitude d’appeler tous les journalistes politiques par leur nom (Syndrome de Pinnochio). Leur statut était glorifié et ceux-ci étaient plus clément avec le PM.
Aujourd’hui, les futures journalistes n’aspire plus à rapporter l’information, mais à cotoyer les vedettes pour en devenir une eux-même. L’information spectacle, permet defaire du spectacle… et d’avoir des fans.
Désolé pour ce long commentaire, je trouvais ton billet très bon, je voulais en ajouter une couche.
octobre 11th, 2007 à 13:45
Désolé pour les fautes, j’ai accroché la mauvaise touche. Oups
octobre 12th, 2007 à 11:20
Bonjour Martin,
je pense que la différence est évidente, les journalistes utilisent les communiqués de presse sans se presser à trouver de la nouvelle et la majorité de leur audience n’y comprend strictement rien.
Les humoristent, eux, nous compressent les nouvelles en nous montrant le côté parfois ridicule de certains faits que la majorité de leur audience comprend enfin.
Donc, slon moi, les seuls qui travaillent réellement sont les humoristes, puisqu’ils arrivent à nous faire voir et comprendre les nouvelles des derniers six mois dans un énoncé concis d’une heure et demie.
Et cette guéguerre entre l’information et l’humour est ridicule, depuis des lunes, les humoristes de tous les pays ont commentés ou présentés les nouvelles de l’heure, que l’on pense simplement à Molière, Johnny Carson ou Réal Caouette.
Bon, OK, Réal Caouette n’était pas humoriste mais il me faisait bien rire quand même.
Bonne journée!
octobre 12th, 2007 à 19:33
Bein je suis tout mêlé là, parce-que moi, nos humoristes me font réfléchir et nos politiciens me font rire.
octobre 15th, 2007 à 8:52
La morale de tout ça c’est qu’il ne faut pas prendre la vie trop au sérieux???…