Archive pour février 2007

How to make a cult bomb

Mercredi 7 février 2007

arcade-fire-01.jpg

Je mène une bonne vie.

En terminant mon émission de radio on me propose un billet pour le spectacle des Arcade Fire, un seul. Ma blonde, qui est enceinte jusqu’aux aisselles, me donne sa bénédiction et m’envoie m’amuser tout seul comme un petit en ajustant avec minutie mon plus épais foulard.

J’arrive à Outremont derrière l’ancien Club Soda, au pied de la désormais mythique salle de la fédération ukrainienne. Il fait froid, je fais la file, mais quand c’est pour voir le meilleur band au monde, se les geler solide est un privilège.

Une heure plus tard je suis devant la fille qui tient la guest list, je lui donne mon nom, Poupart, Daniel Poupart. C’est parce que dans le monde ultra-branché-triple-V.I.P. de l’underground musical international mon vrai nom ne vaut rien. Pour avoir accès à la caverne du plaisir, je dois prétendre être un autre, ce que je réussis avec une aisance qui me surprend. Poupart is smooth tonight.

La foule incarne l’authentique branchitude made in montreal, anglo trop maigre, barbu négligé, fucké frais douché, t-shirt rayé, pas de maquillage, tuques, aucun vj de musique plus, bref tout est en place pour un show inoubliable.

Pour une critique du show en détail, si vous insister, je pourrais essayer demain quand j’aurai du temps. Mais je peux dire qu’Arcade Fire s’apprête à exploser sur la scène mondiale avec Neon bible. La bande sonore officielle de l’année 2007. Rien de moins. Ce groupe-là est fait pour jouer dans de gros amphithéâtres, dans la petite salle d’Outremont, ils étaient un peu coincés, trop de poissons rouges dans le bocal, mais des poissons visiblement heureux, ils se sont amusés, et nous aussi.

Je ne doute pas que Neon bible sera le petit frère à succès de The Funeral. Ça parle de désir de liberté, de s’affranchir de nos prisons, corporelles et mentales, thématique puissante et actuelle, bref nos amis nous ont cuisiné une cérémonie musicale d’émancipation par le plaisir.

Le show se termine avec wake up, version unplugged, jouée dans la foule dans une communion parfaite avec le public, moment d’extrême bonheur. Pas besoin de garde du corps quand on est entre amis. Win guide ensuite le public en ouvrant lui-même les portes de la salle qui laissent échapper un épais nuage de condensation de joie dans la tristesse de la nuit outre montoise. Ouf!

Puis les lumières s’allument, je prends mon manteau et met ma tuque, et, comme si rien n’était plus normal, je tombe face à face avec Win le chanteur. Un gars de ma grandeur en plus. Je surmonte ma timidité (je me libère donc de cette prison mentale) et je prends le temps de lui dire que les nouvelles chansons sont excellentes, il me semble vraiment content et me remercie du compliment. Polie, le rock star en plus.

Ce n’est pas pour me vanter, mais je mène vraiment une bonne vie… et Poupart aussi.

Des élections ma chérie

Lundi 5 février 2007

ab.jpg

La belette de Sherbrooke a vu son ombre et il semble que nous aurons un printemps précoce. Ça semble plus facile a décider que la date du gala des Oliviers…

Charest est prêt. Les Loco Locass vont entrer en studio bientôt. Dumont se cherche un terrain à Hérouxville. Falardeau se défoule en faisant du ski de fond. Le téléphone sonne aux 5 minutes chez Paul Piché. Les gars de power corporation ont donné leur bénédiction à frisou. Et pendant que les ministres libéraux donnent leurs derniers cadeaux de Noël, notre ami Boisclair collectionne les couteaux dans le dos. Les amis, ça va être laid. Le PQ pas de chef, c’est une grosse poule pas de tête, une poule de 400 pieds avec des caps d’acier. Elle va kicker partout, se vider de son sang, et finir plumée dans l’opposition avec Mario Dumont et la fille de Québec Solidaire dont j’oublie toujours le nom (ce qui trahit un peu les chances qu’elle et son médecin trop rapide sur le pétage de coche obtiennent mon vote.) Bon je viens de perdre 2 minutes sur google, je l’ai retrouvé, c’est Françoise David le nom que je cherchais. J’ai beau le savoir, c’est pas mêlant, je viens toujours pour l’appeler Thérèse Montcalm (je pourrais me guérir avec l’hypnose mais j’ai un insaisissable manque de motivation). Mais revenons à notre mouton. Pauvre petit PQ divisé et inquiet. 4 ans à broyer du bleu dans l’opposition et voyez le topo. Bernard Landry cultive la rancœur comme Parizeau le raisin. Les ténors du parti? Partis. François Legault doit déjà être en train de demander à sa femme si elle aimerait coucher avec un chef de l’opposition par intérim…

Mais peu importe ce que je pense, la principale qualité de l’avenir est de ne pas être écrit par moi. Pendant que tous se battront pour être le roi de la montagne, espérons que leur frénésie n’érodera pas trop la montagne Démocratique dont les versants sont de moins en moins accessibles.

Il y aura élection, il y a aura débats, il y aura coups bas, il y aura dégâts.

En latin : scalpi, décapiti, Pôvtipi.

Pub Bowl

Samedi 3 février 2007

C’est le week-end du super Bowl, qui est sans conteste la plus grande merveille du capitalisme sauvage. Car la publicité a pris le dessus depuis longtemps sur le réel affrontement sportif. Le super Bowl est au sport ce que Noël est au petit Jésus : une fête commerciale. La question n’est pas de savoir qui va mettre le ballon dans la zone des buts, mais plutôt qui va mieux planter tel ou tel produit dans la tête des consommateurs.

sb.jpg

Certains diront que c’est l’Amérique à son meilleur : les pauvres et la classe moyenne regardant des millionnaires jouer avec un ballon pour faire de la pub à des milliardaires. Un intermède dans la lutte des classes, noyée dans la bière, les grillades cancérigènes et le pepperoni bon marché.

Mais si Wall Street aime le Super Bowl c’est parce qu’il y a un paquet de Jo, Jim, Jack et d’Averel qui regardent en gang cet événement. C’est la St-Valentin des chums de gars. On peut y faire le plein de bines sur l’épaule dans une ambiance propice aux jokes de cul. Pas la bonne journée pour admettre des problèmes érectiles.

On en est là. D’année en année, le Superbowl est devenu un cirque de chiffres. Et les statistiques, c’est le caramel des médias, c’est la meilleure façon de dire n’importe quoi tout en ayant l’air brillant. Mais comme on dit : if you can’t beat them joint them. Voici donc quelques chiffres pour impressionner vos chums pendant le match :

Si tous ceux qui regardent le match faisaient une pyramide humaine, le gars en haut toucherait la lune avec ses doigts plein de crottes de fromages.
Si on donnait toutes les pizzas qui se mangent lors du Superbowl à une seule personne, son cul serait gros comme la Belgique.
Si tous les spectateurs se tenaient par la main, l’Amérique serait au prise avec une sérieuse épidémie de gastro-entérite!

Pour en finir avec le Superbowl, quand c’est rendu qu’un événement sportif est analysé par des publicitaires…on parle plus du même genre de placement. À tous bon match, bonne pizz et bonne pub!

est fièrement propulsé par WordPress
Flux RSS des entrées et Flux RSS des commentaires.