De quoi parle t-on dans les journaux aujourd’hui? Des cotes d’écoutes des émissions de télévision évidemment.
Je ne suis pas contre le fait qu’on mentionne les cotes d’écoute de temps en temps mais c’est à tous-les-jours.
Mais qu’est ce que les cotes d’écoute? Un outil pour calculer le coût des publicités, rien d’autre. Ça vous donne quoi que Salvail fasse 800 000 ou 600 000? Bazzo 120 000 ou 34 000? Si vous n’ êtes pas un annonceur ou bien un télédiffuseur, les cotes d’écoute ne devrait pratiquement jamais faire partie de vos réflexions quotidiennes. Pas plus que le nombre de personnes qui regarde un panneau Astral média sur le bord de l’autoroute.
En bout de piste ce sont des chiffres qui comptent uniquement pour les présidents de GM, Honda, TVA et TQS. Une centaine de personnes pas plus. De plus ces chiffres sont disponibles à 16hoo tous les jours par internet (pour cette centaine de personnes) Pourquoi alors en faire des articles de journaux le lendemain?
Le fétichisme des chiffres.
Notre époque bande pour les chiffres. Rien ne fait plus bander un journaliste qu’un paquet de chiffres. Un record de vente? Des cotes d’écoute records? Des ventes records. Des chiffres, plus de chiffres. Wow! Ça excite le cerveau des chiffres, on multiplie, on additionne et ça nous stimule le cortex. Superbe capacité de l’humain a perdre contact avec la réalité. La réalité, finalement, c’est que de faire la promotion des cotes d’écoute c’est comme jouer aux Sims, ça sert à rien.
Pourquoi tous les artistes dénoncent (de façon plus ou moins cohérente faut l’admettre) la dictature des chiffres? Parce que la portion chiffres-pour-vendeurs-de-chars prend le devant sur le contenu. Triste constat, le journalisme culturel passe à côté de la cible chaque fois qu’il tombe dans l’analyse des cotes d’écoute. Le cahier des arts (incapable de parler de tous les arts de façon cohérente faut l’admettre) discute $$$.
Pourquoi on ne nous donne pas le classement des livres de poésie qui se sont le plus vendus à tous les jours? Le classement de tous les billets de théâtre vendus à tous les jours? Pourtant ce sont des chiffres importants pour la culture…pas assez bandant.
Je suis d’accord avec Foglia qui dit que le journalisme doit éclairer.
Le rôle du divertissement est d’éblouir.
Quand le journalisme devient divertissement, ça aveugle, tout devient blanc et noir, et la subtilité devient un vice de forme et l’intelligence saigne.
Mais tout ça vous le saviez. Alors pourquoi ça perdure, empire? Le rapport qualité-prix est bon.
Et c’est pour ça que vous êtes ici, sur internet. Et moi aussi. Pourquoi je passe de plus en plus de temps sur le web? Parce que nous avons des besoins intellectuels que les grands médias ne comblent pas. Nous cherchons ailleurs. A l’ombre des médias-soleils.
La question à 100$
Le cash, est-il une fin en soi ou un outil?
La question à 1000$
Le rôle de l’artiste est de rendre conscient ou d’enrichir les autres?
La question à 1 000 000$
Quel maître servons nous?