Guide de la bonne intolérance
J’ai complété le questionnaire sur l’intolérance dans le journal de Montréal d’hier et le résultat est clair ; je suis entouré d’intolérants. Parce qu’évidemment, je n’ai pas rempli le questionnaire en mon nom. On sait tous que le vrai but d’un questionnaire, c’est d’évaluer les autres.
Mais avant de lancer l’inquisition du bien-pensage et de décapiter ceux qui n’aiment pas le pain pita. Il faut bien comprendre l’intolérance. L’intolérance ce n’est pas nécessairement un défaut, c’est comme le bon et le mauvais cholestérol, il y a de la mauvaise et de la bonne intolérance.
La bonne intolérance c’est quand on ne tolère pas que les membres de notre famille soient soignés dans un corridor d’hôpital. C’est quand on n’accepte pas que nos politiciens profitent du pouvoir en jouant au père Noël pour se faire élire.
Faire un peu d’intolérance, c’est nécessaire, c’est comme manger du bon gras.
Mais la mauvaise intolérance, elle, est très mauvaise pour le système. C’est une maladie mentale sournoise et dégénérative qui s’attaque à nos 5 sens : l’ouïe, la vue, le goût, le toucher, et l’odorat. On se met à ne plus écouter l’autre. On n’aime pas son look, on lui reproche de cacher trop de visage ou de montrer trop de peau. On lui reproche de ne pas manger les mêmes choses que nous. On est moins touché par ses malheurs, et ultimement, on n’est plus capable de le sentir.
Quel est le remède? C’est comme le Sida, il n’y a pas encore de vaccin, mais grâce à l’équivalent d’une trithérapie, une société peut contrôler son taux de mauvaise intolérance.
Le sexe
Une des meilleures solutions est de faciliter le sexe entre les communautés culturelles. Il n’y a rien de mieux que le sexe pour comprendre qu’un clitoris est aussi sensible sous une burka que sous un kimono. La nudité est aussi très utile pour nous rappeler que la vie n’est pas rose partout, mais il y a des petits bouttes oui…
L’humour
C’est impératif de savoir rire de soi et des autres. Parce que dans la grande compétition mondiale des plus meilleures sociétés, ceux qui gagnent ce ne sont pas les plus riches, ce sont ceux qui ont le plus de fun. Par exemple cette semaine, le Texas nous a dépassé en finançant 95% des coûts de la banane géante. Eux, au moins, vont pouvoir rire de la banane au lieu de brailler comme Mario-je-comprend-pas-le-gag-Dumont.
La mort
La mort c’est le gros morceau de la solution. C’est notre plus gros point commun. C’est ce qui nous rappelle que peut importe le trajet, on débarque tous au même terminus.
Le Québec fait-il de la bonne ou de la mauvaise intolérance? Le débat est lancé. Mais on peut conclure que plus une société est à l’aise avec sa sexualité, l’humour et la mort, mieux elle réussira à bien vivre ensemble. Parce que, profondément, on désire tous être des bons intolérants. Mais pour les bonnes raisons, c’est-à-dire, se méfier de tous ceux qui veulent nous empêcher de rire, de faire l’amour et de nous gâcher la vie en nous disant que la mort n’existe pas vraiment, vraiment…
janvier 14th, 2007 à 1:39
Je serais curieux de savoir de quelle intolérance Denise Bombardier fait montre…
janvier 14th, 2007 à 2:21
Ouin…
Mais justement, c’est que les dogmatiques rigides, et religieux pratiquants n’entendent pas à rire, et encore moins à miser sur le sexe.
Donc, la clé, je pense, c’est plutôt la laïcisation, et après ça, ce que tu dis va suivre.
janvier 14th, 2007 à 10:03
Les Québécois sont devenu un peuple presqu’aussi individualiste que les Américains alors oui, je dirais qu’on est forcément très intolérants quand on ne se watche pas. Avant que les gens qui n’ont pas pris de cours de psychologie interculturelle s’offusquent - Oui, on est individualistes d’après des recherches très sérieuses, on est au niveau de l’amérique du nord. en fait plus un pays est riche et industrialisé plus ses habitants sont individualistes.
Le lien entre individualisme et (mauvaise) intolérance? Selon moi si chaque personne vit selon son propre code de valeur, comment peut-elle prendre le temps d’accueillir la différence de l’autre alors que son focus est entièrement sur la gestion de sa propre morale - vu qu’il n’y a pas de repères sociétaux fixes. Donc nous sommes intolérants car la différence de l’autre nous aggresse en ce qu’elle nous fait réfléchir à notre propre façon de faire que nous avons glané ici et là…. Je dirais que les gens qui savent qui ils sont et pourquoi et aussi qui ont sincèrement envie de vivre avec les autres sont ceux qui sont les moins intolérants et qui augmente naturellement leur taux de “bonne intolérance”.
Par contre, ces êtres rares sont souvent ceux qu’on ne soupçonne pas… Moi ce qui m’écoeure c’est genre les granos - c’est supposé être les nouveaux hippies, plein de peace and love et de compassion, mais tu te sens genre, full jugée, parce que tu n’achètes pas de la bouffe bio, éthique et locale ou parce que tu as teint tes cheveux avec “quelque chose que tu ne mettrais pas dans ta bouche”. O.k., o.k., sont pas toutes de même.
Une autre chose qui m’écoeure, dans le rayon du défoulement, c’est où je travaille, à la café, on voit ce que tout le monde mets dans son cabaret et il y a des gens (des infirmières même!) qui mangent tellement mal - pas de légumes, pas de fibres, et c’est mes impôts qui vont payer pour leur déboucher le colon et diagnostiquer leur cancer. Chapeau.
Je dis, cultivons notre tolérance, on en rerssortiras plus unis et moins irrités. Arrêtons de dire “Heye! on est au Québec icitte!” quand nous sommes confrontés à l’exotisme, parce qu’au fond on est juste confronté à notre propre manque de repères en ce qui à trait à l’identité nationale.
janvier 14th, 2007 à 12:36
Que du sens…. !!! Je pense que tu aurai pu rajouter une petite chose, s’informer et apprendre sur les moeurs et religion des autres. Des fois c’est l’inconnu qui fait qu’on a peur et qu’on a des intolérances, mais quand on connais sa va souvent mieux par la suite.
En lien avec sa… tu ferai un maudit bon politicien
mouhjhahahahah des belles petites phrases toute simple, avec une solution simple!! ahahaha JE t’agace reste humoriste
sé plus le fun le midi en auto!
janvier 14th, 2007 à 16:36
Yvon Deschamps résume si bien toute la question ( sur le fond et la forme) dans un magnifique ( et vieux) monologue! Beaucoup de gens dénoncent l’intolérance et ses intolérants, mais ce faisant, ils deviennent à leur tour, et de manière sournoise, eux-mêmes intolérants…La ligne est mince et fragile, car souvent en la dénonçant, nous le devenons…L’équilibre à atteindre dans cette question relève d’un effort constant de ne pas tomber dans un piège si évident, si honteusement évident…Je profite de cette tribune,Martin, pour te dire que je trouve in-acc-ep-ta-ble que tu utilises ton blogue pour discuter de tes idées sur l’intolérance : c’est futile, grotesque et mesquin! Voilà!!!!
janvier 14th, 2007 à 16:57
hihi, effectivement Sébastien, mais les casse-couilles se présentent souvent comme de joyeux drills.
Touché Geneviève, ce sont eux que je visais, mais faut pas trop les prendre de front…
Ça vas nous prendre de la Dalaïcité…;)
J’aime bien ton blogue by the way, mais j’arrive pas à y laisser des messages n’ayant pas de compte blogger.
janvier 14th, 2007 à 18:55
Martin Martin… Pas besoin de compte blogger, tu choisis l’option ”autre” et tu écris ton nom dans la section ”nom” et ta page web en dessous dans l’autre section.
Bonne chance ! :-))))
janvier 15th, 2007 à 16:16
Salut gang!
Le monde est devenu étrange!
Je suis pur Québecois, et je n’ai aucune difficulté à accepter l’autre! Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi tout changer, tout d’un coup, du jour au lendemain. Le musulman qui est né ici est lui aussi Québecois? Donc ce que je nomme comme mes valeurs traditionnelles devraient être aussi les siennes? Ce que je revendique comme société Québecoise ne peux pas exclure les autres religions, ni ceux qui pensent différement, puisque le Québec est maintenant un amas de tout!
Ce qui me fascine, c’est qu’il n’y a pas plein d’accès pour les personnes souffrant d’un handicap quelconque, mais que nous devons adapter plein de choses au nom des religions.
Exemple: Un mec en chaise roulante veut aller manger au resto, mais la porte s’ouvre du mauvais sens, il doit monter des marches, etc. Ca fais une éternité que plein de monde se battent pour qu’il y ait plus d’accès pour les personnes à mobilité réduite.
Mais, un homme d’une certaine religion décide que ca ne lui plait pas de voir une sapin de Noël et on s’empresse d’aller l’enlever.
Vous pouvez trouver des exemples vous-même, c’est plein!
Mais bon t’as surement raison Martin, la journée ou nous sommes le plus tolérant dans une vie c’est surement lors de notre derniere baise avant notre mort en écoutant un bon show d’humour!!
Allez Salut à tous!
Junior!
janvier 15th, 2007 à 20:27
Moi je dis que les extra-terrestres doivent nous envahir, alors les humains se sentiront unis dans une même cause et il y aura Solidarité. Donne le signal Raël…
Les Blancs, les Noirs, les Jaunes, les Rouges, les Bruns pâles, foncés, tous unis contre les p’tits bonhommes verts. Il faut les massacrer!
janvier 15th, 2007 à 23:16
De l’intolérance a l’intolérance…
J’ose ici parler sur ce blog un peu de ma vie perso, Très sérieusement, je peu me classer comme une femme de la catégorie très tolérante, mais j’ai souvent souvent été la mire des intolérant(e)s, Bien que l’homosexualité soit beaucoup plus accepté depuis quelques années il y a encore une certaine forme d’intolérance qui choc, et qui malheureusement va prendre je crois encore quelques temps avant de finalement effacer ltoute les traces du jugement du voisin et de la caissière du supermarché a voir une femme libre et bien dans sa vie marcher main dans la main avec sa copine. Je trouve tellement domage que plus de 75% des gens ne vivents pas leur vie comme il ou elle se sentent réellement bien, Combien sont-elles à taire leur orientation sexuelle une fois qu’ils ont franchi la porte de leur bureau? combien sont-elles à s’inventer un chum pour leurs collègues de peur de passer pour une vieille fille, ou pire encore, pour une lesbienne? Il n’existe pas d’études statistiques pour répondre à ces questions, mais leur nombres est sûrement supérieur à ce que l’on voudrait croire, à ce que l’on souhaiterait d’une société qui pourra se targuer, dans quelques semaines, d’avoir l’une des législations les plus avancées au monde quant à l’égalité pour les lesbiennes. Les raisons qui poussent encore beaucoup de lesbiennes à adopter un profil bas sur leur vie privée sont multiples. Elles vont d’un entourage professionnel hostile aux gais à la peur de devenir une proie toute désignée pour les plaisanteries les plus connes, ou encore à la disqualification pure et simple en matière d’avancement et de promotion. Les lesbiennes doivent se montrer doublement prudentes pour gagner confiance et respect de leurs pairs quand la culture d’entreprise, compétitivité oblige, est encore fortement teintée de l’emprise machiste. Quand le désir de se forger une carrière prime, il ne se conjugue pas forcément avec un secteur professionnel ouvert à la différence. Il faut souvent correspondre à l’image de l’employé telle que souhaitée par la direction, et souvent partagée et entretenue par l’ensemble des collègues. La différence n’y a pas sa place, elle doit se faire discrète, muette, ou pire, se maquiller pour se fondre dans la normalité ambiante. . De la haute voltige, avec la crainte qu’un jour, par excès de confidence à un collègue plus proche, ou en raison d’un passage à la télé lors d’un événement gai, toute la mise en scène s’écroule. Le portrait semble sombre et pourtant il correspond à la réalité de bien des lesbiennes. Nous ne travaillons pas tous dans le Village. Aller travailler tient alors d’un travestissement à l’envers de celle qui nous fait tant rire dans les cabarets de drags. Il faut tirer un trait sur la femme avec qui on vient de passer la nuit, ne pas donner le nom du bar dans lequel on a passé la soirée, vérifier que chaque accessoire vestimentaire ne soit pas un signe qui vous trahirait. Se surveiller constamment et se tenir loin de toute conversation durant laquelle on devrait parler un tant soit peu de vie privée, quitte parfois à jouer la surenchère. Après tout, un peu de machisme peut éviter toute suspicion, et pourquoi ne pas pousser la comédie jusqu’à parler de son chum au féminin pour clore un scénario d’hétérosexualité hors de tout doute. Les stratégies de camouflage sont multiples. D’autres éviteront toute relation trop proche pouvant déboucher sur les confidences, préférant être considéré comme une vielle célibataire endurcie, un peu coincé.. peu sociable… cherchant la tolèrance des voisins.
Bye Bye !!!!
P.S Allô l’hiver !! Nous y sommes !!
Allez allez sorter vos Ski les ami(e)s !!!
Cassandra xx
janvier 18th, 2007 à 20:18
Salut Cassandra
Coudonc je savais que c’était compliqué travailler dans un bureau mais pas tant que ça!
Merci de nous rappeler que tout n’est pas rose dans le monde gay lesbienne, puisque vous pelleter comme tout le monde !
xx
Martin
janvier 21st, 2007 à 13:30
Il n’y a pas que dans les bureau, ça va de la simple commis du McDonald du coin a la caissière de la banque, et de l’infirmière du 4 eme étages..